LA CIVILISATION INCA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

LA CIVILISATION INCA

Message  Invité le Mar 10 Avr - 10:50

LES INCAS :



La civilisation inca est une civilisation précolombienne du groupe andin. Elle prend naissance au début du XIIIe siècle dans le bassin de Cuzco dans l'actuel Pérou et se développe ensuite le long de l'océan Pacifique et de la cordillère des Andes, couvrant la partie occidentale de l'Amérique du Sud. A son apogée, elle s'étend de la Colombie jusqu'à l'Argentine et au Chili, par delà l'Équateur, le Pérou et la Bolivie.

Elle est à l'origine de l'empire inca, l'un des trois grands empires de l'Amérique précolombienne, qui avait pour chef suprême le Sapa Inca. L'empire inca fut conquis par les conquistador espagnols sous les ordres de Francisco Pizarro à partir de 1532.

L'une des grandes singularités de cet empire fut d'avoir intégré, dans une organisation étatique originale, la multiplicité socioculturelle des populations hétérogènes qui le composaient.

HISTOIRE :


HERITAGE DES CIVILISATIONS PRECEDENTES :

PREMIERS PEUPLEMENTS :
Les premières traces humaines en Amérique du sud datent du quatorzième millénaire avant notre ère. Vivant de chasse et de cueillette, ces peuples nomades s'intéressent progressivement à l'agriculture. Les propriétés nutritionnelles du maïs, cultivé dès le troisième millénaire dans la région d'Ayacucho, permettent d'accroître son importance.

CIVILISATION CHAVIN :
Le développement de l'agriculture entraîne des changements sociaux importants : la population explose, des villes apparaissent et une élite religieuse se créée. Le premier millénaire avant notre ère voit ainsi s'épanouir la civilisation Chavín, unissant dans un style artistique commun de nombreuses cultures locales, probablement grâce à un culte unique dont un élément caractéristique est l'image du jaguar.

TWANAKU ET HUARI :
Entre le Ier et le VIIIe siècle l'unité créée par la civilisation Chavín disparaît au profit de cultures plus locales (Mochica, Paracas-Nazca, Tiwanaku). Le développement agricole, notamment l'irrigation et l'aménagement de terrasses, continue. A partir du VIIIe siècle, deux villes des hautes terres rayonnent particulièrement et regroupent sous leur bannière les peuples andins : Tiwanaku vers le Sud jusqu'au Nord du Chili et Huari vers le Nord.

EMPIRE CHIMU :
Les États de Tiahuanaco et Huari s'effondrent brusquement au XIIe siècle. À nouveau, le régionalisme prévaut dans un premier temps, puis de nouvelles tentatives d'intégration impérialistes ont lieu[Favre 5]. Ainsi, vers le milieu du XIIIe siècle, le peuple Chimú initie la création d'un nouvel empire, sur la côte nord du Pérou actuel, fondé sur l'aménagement hydraulique. L'Empire Chimú s'étend le long de la côte jusqu'à l'actuelle frontière équatorienne, et il entre inévitablement en rivalité avec l'empire inca, l'autre grand empire andin du XVe siècle, ce qui lui sera fatal.

ORIGINES DE L'ETHNIE INCA :


ORIGINES LEGENDAIRES :
Différents témoignages ont été recueillis quant à l'origine des Incas. Selon la légende de Manco Capac et Mama Ocllo, les Incas descendent de Manco Capac. Plusieurs versions de cette légende en font la création de Viracocha et de Inti, le dieu du soleil, le faisant naître près de Cuzco (légende de Pacaritambo) ou sortir du lac Titicaca avec sa sœur-épouse Mama Ocllo, envoyés par Viracocha, le dieu créateur, pour apporter la civilisation aux hommes après le grand déluge qui avait tout dévasté.
Selon cette dernière version, ils voyagèrent jusqu'à ce que le bâton magique en or de Manco s'enfonce totalement dans la terre pour leur désigner le lieu où s'établir : la terre de ce lieu serait suffisamment riche pour les accueillir. C'est là qu'ils fondèrent la première ville inca qui deviendra Cuzco, c'est-à-dire le « nombril » en quechua. Manco Capac enseigna alors aux hommes l'agriculture et l'artisanat, et Mama Ocllo enseigna aux femmes l'art du tissage.

ORIGINE ADMISE PAR LES SCIENTIFIQUES :
À l'heure actuelle, l'origine géographique des premiers Incas reste discutée, l'hypothèse communément admise étant qu'ils provenaient des rives du lac Titicaca, à la frontière du Pérou et de la Bolivie. Le rapprochement est souvent évoqué avec la civilisation méconnue de Tiahuanaco (en Bolivie). Les Incas seraient donc un groupe d'hommes menés par Manco Capac ; après une migration vers le Nord, celui-ci s'allie avec quelques communautés quechuas pour déloger les habitants de la vallée de Cuzco. Ce sont dès lors tous les descendants de ces premiers colons ainsi que leurs alliés qui sont considérés comme Incas.

HYPOTHESE AMAZONIENNE :
D'autres sources évoquent une origine amazonienne. La présence des incas en Amazonie est attestée par la découverte de la cité agricole inca de Mameria par deux explorateurs franco-péruviens en 1979, Nicole et Herbert Cartagena. Le jeune archéologue et explorateur français Thierry Jamin a officialisé en 2006 la découverte de trois géoglyphes anthropomorphiques (d'énormes visages gravés à flanc de montagne), répliques d'un visage présent sur la paroi des pétroglyphes de Pusharo découverts dès 1921 par Vicente de Cenitagoya (signes gravés dans la pierre). Pour Thierry Jamin, qui a découvert de nouveaux pétroglyphes à Pusharo, leur interprétation permet de dresser une « carte mémoire » de la zone. Il espère ainsi trouver de nouveaux sites incas et notamment la mythique cité perdue Païtiti, après près d'un siècle d'expéditions infructueuses dans la forêt amazonienne.

HISTOIRE DE L'EMPIRE INCA :


À leur arrivée dans la région de Cuzco, les Incas ne sont qu'une tribu parmi d'autres dans une confédération locale, occupant dans un premier temps un rang subordonné. Leur position de chefs militaires dans la confédération leur permet de gagner progressivement de l'influence lors des règnes successifs de Sinchi Roca, Lloque Yupanqui, Mayta Capac et Capac Yupanqui. Finalement, à la mort de Capac Yupanqui, Inca Roca s'empare du contrôle de la confédération.
Yahuar Huacac puis Viracocha Inca étendent la domination inca. Néanmoins, le territoire inca ne dépasse pas un rayon de 40 km autour de Cuzco. En 1438, lors d'une guerre avec la tribu voisine des Chancas, Viracocha abandonne la capitale, mais son fils Pachacutec la défend avec succès et défait les Chancas. C'est le début de l'expansion extrêmement rapide de l'empire.
Le fils de Pachacutec, Tupac Yupanqui et son fils après lui, Huayna Capac, repoussent les frontières de l'empire du Chili au Sud de la Colombie. L'empire est à son apogée.
En 1532, 180 conquistadors espagnols débarquent et commencent la conquête de l'empire inca. Bien que peu nombreux face aux armées incas de plusieurs dizaines de milliers de soldats, cette conquête est très rapide. Les historiens expliquent cela par une combinaison de plusieurs raisons : la guerre de succession suite à la mort de Huayna Capac en 1527, la rapide capture du nouvel empereur Atahualpa, la supériorité militaire des Espagnols, tant en terme d'armement (chevaux, armures en métal et armes à feu) que de stratégie, leur habileté diplomatique à soulever contre l'empire des tribu locales ainsi que l'assimilation par les Incas des Espagnols à des dieux annoncés par des prophéties.
La conquête espagnole s'accompagne de nombreux pillages et de massacres. La colonisation qui s'en suit engendre une catastrophe démographique majeure : la population de l'empire inca, estimée entre 12 et 15 millions de personnes avant la conquête, est d'environ 600 000 un siècle plus tard. L'exploitation des indigènes et leur manque de défenses immunitaires contre les maladies apportées par les Espagnols en sont les principales raisons.
Prisonnier de Pizarro, Atahualpa lui donna tout son or en échange de sa libération. Pizarro prit l'or mais fit tout de même exécuter l'empereur le 29 août 1533.
Les Incas se rebelleront tout de même plusieurs fois, notamment en 1536 sous le commandement de Manco Inca. La ville de Vilcabamba devient le centre d'un noyau de résistance inca qui y subsistera jusqu'en 1572. La résistance aura un sursaut aux XVIIe et XVIIIe siècles ; le plus important épisode sera celui de Túpac Amaru en 1780, toujours avec l’objectif avorté de restaurer l’empire inca.


CHRONOLOGIE DES SOUVERAINS INCAS :


EMPEREURS INCAS :

La liste des empereurs incas s'appelle la capaccuna (en quechua les plus puissants parmi les êtres humains).
Avant Viracocha Inca les empereurs incas sont semi légendaires et les dates de leurs règnes sont incertaines.

Manco Capac :


Légendes Incas : Manco Capac

Sur les terres qui se trouvent au nord du lac Titicaca, des hommes vivaient comme des bêtes féroces. Ils n'avaient pas de religion, ni de justice, ni de villages. Ces êtres ne savaient pas cultiver la terre et vivaient nus. Ils se réfugiaient dans des cavernes et se nourrissaient de plantes, de baies sauvages et de viande crue.
Inti, le dieu Soleil, décida qu'il fallait civiliser ces êtres. Il demanda à son fils Ayar Manco et à sa fille Mama Ocllo de descendre sur la terre pour bâtir un grand empire. Ils enseigneraient aux hommes les règles de la vie civilisée et leur apprendrait à vénérer leur dieu créateur, le Soleil.
Mais avant, Ayar Manco et Mama Ocllo devraient fonder une capitale. Inti leur confia une baguette d'or en leur disant ceci :
- Depuis le grand lac, où vous arriverez, marchez vers le nord. Chaque fois que vous vous arrêterez pour manger ou dormir, planter cette baguette d'or dans le sol. Là où elle s'enfoncera sans le moindre effort, vous bâtirez Cuzco et dirigerez l'Empire du Soleil.
Le lendemain matin, Ayar Manco et Mama Ocllo apparurent entre les eaux du lac Titicaca. La richesse de leurs vêtements et la brillance de leurs bijoux firent vite comprendre aux hommes qu'ils étaient des dieux. Craintifs, les hommes les suivirent en cachette.
Ayar Manco et Mama Ocllo se mirent en marche vers le nord. Les jours passèrent sans que la baguette d'or ne s'enfonce dans le sol.
Un matin, arrivait dans une belle vallée entourée de montagnes majestueuses, la baguette d'or s'enfonça tout doucement dans le sol. C'était là qu'il fallait construire Cuzco, le "nombril" du monde, la capitale de l'Empire du Soleil.
Ayar Manco s'adressa aux hommes qui les entouraient et commença à leur apprendre à cultiver la terre, à chasser, à construire des maisons, etc...
Mama Ocllo s'adressa aux femmes et leur apprit à tisser la laine des lamas pour fabriquer des vêtements. Elle leur enseigna aussi à cuisiner et s'occuper de la maison...
C'est ainsi que Ayar Manco, devenu Manco Capac, en compagnie de sa soeur Mama Ocllo, s'assit sur le trône du nouvel Empire du Soleil. A partir de ce jour, tous les empereurs Incas, descendants de Manco Capac, gouvernent leur empire avec leur soeur devenue épouse.


Source : americas-fr.com/civilisations/legendes/mancocapac


~1230 - ~1260 : Sinchi Roca




~1260 - ~1290 : Lloque Yupanqui


~1290 - ~1320 : Mayta Capac


~1320 - ~1350 : Capac Yupanqui :

Capac Yupanqui est le fils de Curuyaya, la sœur de Mayta Capac. Son cousin Tarco Huaman est l’héritier naturel du trône, mais Capac Yupanqui ourdit un complot contre lui pour prendre le pouvoir.
Pour s’y maintenir, il dut recourir à une série d’assassinats. Il fit tuer neuf frères de Tarco Huaman, en obligea d’autres à lui jurer fidélité et fit exiler un troisième groupe. À son arrivée au pouvoir, le royaume avait déjà acquis une puissance appréciable, mais Capac Yupanqui décida de reprendre l’expédition dans le Kunti Suyu qui avait été interrompue par la mort de son oncle. Deux batailles victorieuses permirent d’occuper une partie du pays Kunti. Il reçut une ambassade envoyée par le seigneur de l’ethnie quechua (Abancay) qui demandait l’aide des incas contre les puissants Chancas d’Andahuaylas. Ceux-ci menaçaient de les envahir et de détruire leur royaume.
Cette marque de déférence a contribué à augmenter le prestige des incas auprès des autres peuples de la région. À l’époque de Capac Yupanqui, deux autres royaumes étaient en expansion : au nord les Chancas et au sud les Collas. Le royaume de Cuzco, malgré la déroute des Kuntis, restait de dimensions modestes.
Capac Yupanqui conquit par la suite les populations du Cuyoyanca (à 22 km de Cuzco). Pour gouverner ce territoire, il nomma son cousin Tarco Huaman comme tucricu (gouverneur), avec pour charge de remettre chaque année mille cages d’oiseaux de la selva et de la puna. Ces oiseaux étaient utilisés dans les cérémonies et les rituels, et leurs plumes multicolores servaient à la confection des habits du monarque. Du fait du prestige acquis par les incas, les aymaras, leurs anciens ennemis, demandèrent une alliance et pour ce faire lui offrirent comme épouse à Curi Hilpay, la fille du curaca, qui vint rejoindre le harem de Capac Yupanqui. Selon la tradition, une autre des épouses de Capac Yupanqui, Cusi Chimbo, motivée par la jalousie fit empoisonner le monarque. La disparition de ce dernier provoqua une crise successoriale. Cusi Chimbo fut l’instrument d’un complot dirigé par son fils, le futur Inca Roca. L’anarchie fut exploitée par les Chancas, qui envahirent le royaume. Avec la mort de Capac Yupanqui s’achevait la prédominance des Hurin Cuzco. De son vivant, Capac Yupanqui avait désigné comme successeur son fils Quispe Yupanqui. Mais Quispe Yupanqui mourut dans le chaos provoqué par la mort de son père et son nom fut supprimé de l’histoire officielle par les Hanan Cuzco.

Conquêtes de l'Incas Capac Yupanqui :


L'Inca Pachacútec tellement absorbé par ses œuvres à Cusco, ne disposait plus de temps pour continuer ses expéditions guerrières. Comme ses fils étaient encore très jeunes, il envoya son frère, Cápac Yupanqui, en mission sur la Côte, au domaine de Chincha.
amicale, que d'une conquête. A son arrivée à Chincha, Cápac Yupanqui manifesta seulement l'acceptation de l'autorité de Cusco, et combla les curacas chinchanos de cadeaux pour montrer la magnificence inca.
Les habitants de la côte ne virent aucun inconvénient à reconnaître l'Inca et rester pacifiquement sur leur domaine. La prospérité des côtiers résidait dans le commerce maritime avec le nord, Equateur actuel. De plus, ces marchants maintenait un commerce terrestre, tel les Indiens, basé sur l'échange de troupeaux de camélidés avec le Collao et Cusco.
La véritable annexion territoriale se produisit seulement plus tard, pendant le règne de Túpac Yupanqui.

La deuxième sortie du Général Cápac Yupanqui :
Suite à un temps après l'expédition sur la côte, l'Inca réunit ses armées afin que le Général Cápac Yupanqui reprenne la conquête sur le chemin de Chinchaysuyo, sur les hauteurs des Andes.
Près de Huamanga, les natifs de Parcos en résistance se réfugièrent dans la forteresse d'Urco Collao. Dans les troupes de Cápac Yupanqui se cachait un chef chanca appelé Anco Ayllo, dirigeant un groupe de sa nation. Sous ses ordres, les chancas assaillirent courageusement le fort rebelle dont il prirent possession.
La nouvelle rendit Pachcútec furieux, le triomphe chanca diminuait les Orejones de Cusco. Il envoya un ordre d'extermination de tous les chancas à Cápac Yupanqui.
Cependant la nouvelle fut écoutée par la concubine du général et sœur de Anco Ayllo. Elle avisa des intentions des cusqueños et le chef chanca prit la fuite avec ses troupes vers la jungle, rendant ainsi son extermination difficile.
Ils se cachaient alors dans la montagne de Huánuco. De nuit, silencieusement, les chancas se dirigèrent vers la zone chaude de rupa rupa. Le Général se rendit compte de leur fuite et le poursuivit sans succés. Capac Yupanqui continua sa marche par les Andes pour arriver à Cajamarca, loin des ordres de Pachacutec.
Gusmango Cápac gouvernait en ce lieu. A cette occasion il s'unit aux Chimú pour attendre ensemble l'apparition des armées incas. Malgré leur nombre, Capac Yupanqui les vainquit et emporta un fabuleux butin causant l'admiration des cusqueños qui fut réparti sur la place de Cajamarca. Le général se vanta d'avoir obtenu des trésors supérieurs à ceux de son frère, l'Inca.
Cápac Yupanqui avec ses acquisitions prit le chemin de retour à Cusco. Lorsqu'il arriva à Limatambo, les messagers de l'Inca arrivèrent, avec l'ordre de la détention du général et sa peine de mort, suite à la fuite des chancas. Selon la tradition inca, le triomphe de Cápac Yupanqui le convertit en habile et suffisant, fait sombrant le prestige du souverain le mettant en gestation d'un soulèvement réussi.

Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-conquet-de-capac-yupanqui

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: LA CIVILISATION INCA

Message  Invité le Mar 10 Avr - 10:52

~1350 - ~1380 : Inca Roca :


~1380 - ~1400 : Yahuar Huacac :

Yahuar Huacac ("larmes de sang" en quechua) est le septième Sapa Inca (empereur) du royaume de Cuzco (~1380/~1400). Sa femme s'appelle Mama Chikya. Il est le père de Viracocha Inca.
Son nom lui viendrait d'une histoire qui lui serait arrivée à l'âge de huit ans. Enlevé par les Ayarmaca, il aurait pleuré des larmes de sang pour protester contre son état. Il aurait finalement réussi à s'échapper avec l'aide de la maîtresse d'un de ses kidnappeurs.
Il est également possible que ce soit simplement une maladie oculaire contractée pendant l'enfance qui soit à l'origine de ce nom.
Dans tous les cas, ce signe fut considéré comme un mauvais présage, ce qui le rendit excessivement prudent au pouvoir
Contrairement à ses prédécesseurs, il ne fut donc pas très brillant et fut déposé par son fils après avoir fui Cuzco devant l'avancée des Chancas.


~1400 - 1438 : Viracocha Inca :


Nommé dans son enfance Hatun Tupac, il est le fils de Yahuar Huacac et de Mama Chicya Qoya.
Il assoit la domination inca dans un rayon de 40 kilomètres autour de Cuzco.
Son règne voit l'affrontement final avec la puissante tribu des Chancas. Mais les chroniqueurs sont divisés sur son rôle, certains comme l'Inca Garcilaso de la Vega, raconte que son père Yahuar Huacac, devant l'avancée des armées adverses, trouve refuge dans la citadelle de Calca. L'un de ses fils, Viracocha Inca, nommé ainsi à cause d'une vision qu'il aurait eu du dieu inca Viracocha, mobilise les tribus alliées et met les Chancas en déroute. Il dépose son père et renforce le pouvoir des Incas sur les hauts plateaux. D'autres, comme Pedro Cieza de León ou Juan de Betanzos, pensent que c'est Viracocha qui s'est enfui et que c'est son fils Pachacuti Yupanqui qui bat les Chancas.
Il épouse Mama Runtu Qoya qui lui donne:
Inqa Roqa ;
Tupaq Yupanqui ;
Kusi Yupanqui Pachacutec ;
Qapaq Yupanqui.


1438 - 1471 : Pachacuti Yupanqui ou Pachacutec ( né Cusi Yupanqui )


Pachacuti Yupanqui (Pachacutec), empereur inca (règne 1438-1471), nommé Cusi Yupanqui de sa naissance à sa prise de pouvoir. Il était fils de Viracocha Inca et de Mama Runtu Qoya.
Nommé Kusi Yupanqui à sa naissance, il était l'héritier légitime du trône inca. Selon certaines chroniques, il fut jusqu'à l'adolescence un jeune homme si turbulent qu'il provoqua l'inquiétude de son père Viracocha Inca qui considérait qu'un bon souverain ne pouvait être que de caractère doux comme ses prédécesseurs. Les années passant, l'inquiétude se changea en colère, le prince Kusi Yupanqui fut condamné à l'exil: il lui incomberait désormais de garder des troupeaux dans les alentours du Cuzco, son père choisirait un autre successeur. La légende veut qu'un jour, dans son exil, lui apparut un homme à l'aspect étrange, barbu et vêtu de blanc, portant en ses mains un animal inconnu. Cet homme le prévint qu'un danger pesait sur le royaume, une armée se préparait au nord du Cuzco. Le jeune prince, inquiété par ce message, brava la décision de son père et accourut à Cuzco pour relater l'incident. Furibond, le souverain ne voulut rien entendre, renvoya son fils et décida de faire la sourde oreille à toute nouvelle suspecte en provenance du nord.
A la suite de cet épisode, le jeune prince reprit son exil, cette fois la disgrâce semblait complète. Il ne s'écoula pourtant que peu de temps avant qu'il ne vît dans la campagne des gens en fuite. La population de Cuzco et de ses alentours fuyait la capitale. Surpris, le jeune prince interrogea les fuyards : les Chancas avaient rassemblé une armée, ils venaient mettre le royaume à feu et à sang (les incas gagnèrent quand même la bataille de Jaquixahuana avant que les Chancas arrive à Cusco), Viracocha, qui n'avait rien voulu entendre des avertissements de son prince héritier, avait dû fuir avec sa cour. Le prince écœuré ne put se résigner à abandonner la ville sacrée. Il prit les armes et ordonna aux fuyards de se joindre à lui. L'espoir revint dans le camp inca, de proche en proche une armée se constitua, le prince demanda leur soutien aux tribus alliées.
La bataille décisive eut lieu à Yahuar Pampa (llawar pampa signifie « plaine de sang » en quechua), les Incas inférieurs en nombre refusaient de se rendre sans combattre. Alors que le combat s'engageait, les renforts Incas affluèrent de toute part, les Chancas furent submergés. Les Incas dirent ensuite que lors de cette bataille, les pierres de la plaine s'étaient changées en guerriers pour leur venir en aide. Cette victoire conféra un prestige sans précédent au trône Inca et en particulier au prince Kusi Yupanqui. Après la bataille, ce dernier alla retrouver son père qui abdiqua en sa faveur. Kusi Yupanqui changea son nom en Pachacutec (pacha kutiq en quechua, littéralement « celui qui retourne tout », c'est-à-dire « le réformateur », et même littéralement « le révolutionnaire », au sens étymologique du mot révolution).
Doté d'un grand talent militaire, Pachacutec initia l'expansion fulgurante du grand empire inca. Au nord il conquit le royaume Chimu, au sud il poussa jusqu'à la vallée de Nazca. Ouvrant ainsi une ère de conquête, il réunit en un seul État la plupart des royaumes des Andes.
Afin d'imposer son pouvoir sur une mosaïque de plus de 500 tribus, avec des coutumes, des langues et des religions très différentes, il n'hésita pas à réprimer très durement toute tentative de rébellion. Mais il ne fut pas qu'un conquérant sanguinaire, il fut aussi un remarquable gestionnaire, dotant son immense empire d'une solide et efficace structure administrative. Ainsi il réorganisa toutes les cités conquises sur le modèle inca et donna le pouvoir à une caste de fonctionnaires qui ne rendait des comptes qu'à Cuzco, la capitale de l'empire.
Vers 1463, Pachacutec confia la direction des opérations militaires à son fils Tupac Yupanqui, tandis qu'il se consacrait à l'érection de certains des monuments les plus emblématiques de l'architecture inca, comme le temple Coricancha (quri kancha en quechua, littéralement « enclos d'or ») à Cuzco, la forteresse de Sacsayhuaman et le Machu Picchu, la citadelle surplombant la rivière Urubamba.
On lui attribue aussi l'adoption de la culture en terrasses, qui caractérise le système agricole inca.
Anawarki Qoya, des Choqo-Kachona dont:
Prince Amaru Tupaq, d'abord chef de guerre, puis pontife des Tarpuntay (prêtres qui veillaient sur la fécondité de la terre)
Prince Wayna Yamqe, chef de guerre, associé au pouvoir; marié à l'aînée de ses sœurs, père de:
Yamqe Yupanqui (1462), marié à Tocto Occlo, fille de Llapcho, petit-fils de Pachacutec Inca ; dont:
Cusi Yupanqui ° 1506, chef de guerre d'Atahualpa
Cusirimay Occlo Qoya née en 1510; mariée en 1528 à Atahualpa Inca ; baptisée Angelina Anas Yupanqui ; maitresse de Francisco Pizarro en 1538 ; mariée en 1542 à Juan de Betanzos (1510 - 1576)
Tupac Yupanqui
Une fille aînée, mariée à son frère Wayna Yamqe
Mama Occlo Qoya, mariée en 1459/1460 à son frère Tupaq Yupanqui
Cusi Qoyllur (selon une légende mariée au général Ollantya)
De concubines:
Ape Paucar Usno mort au combat
Hilakita mort en 1527
Tupaq Ayar Manco

La première conquête de l'Inca Pachacutèc :


Suite à son triomphe sur les chancas, Pachacútec décida de consolider son autorité et entreprendre des luttes contre les curacas qui ne firent appel à son aide.
Au cours d'une réunion des membres de guerre, il reçut la nouvelle disant que l'Inca Urco, fils et co-régent de Viracocha, se cachait avec une armée à Yucay.
Sans attente, Pachacútec et Inca Roca, son frère marchèrent à Yucay pour s'affronter à Urco. Lors de la lutte sur la falaise du fleuve Urubamba, Inca Roca s'empara de la gorge de Urco avec sa fronde avec une telle force qu'il le fit chuter au fleuve.
Urco, ses armes en main, fut emporté par le courant jusqu'au rocher appelé Chupellusca, où ses adversaires lui donnèrent la mort.
Les curacos proches de Cusco furent nombreux à s'incorporer à l'état naissant durant la première étape de l'expansion inca. Les principaux furent les Ayarmaca, définitivement vaincus et les Ollantay Tambo.
Suite à sa victoire, Pachacútec fit construire le palais et la citadelle de Písac sur un haut promontoire. Ainsi le nouveau souverain non seulement conquérait de nouveaux domaines mais se montrait aussi enclin aux oeuvres architecturales.
Cependant, la conquête la plus intéressante fut celle de la zone de Picchu, où l'Inca ordonna l'édification d'un palais avec toutes ses dépendances pour son retour. Au fil des siècles ce lieu pris le nom de Machu Pichu.
Grâce à l'apport de nouveaux manuscrits d'archives découverts par Luis Migeul Glave et María Isabel Remy, et l'investigation postérieure de John E. Rowe, nous savons que toute la région de Picchu et Ollantay Tambo, représentait les terres privées de l'Inca.
Dans la continuation de ses triomphes militaires, Pachacútec accompagné par Inca Roca pris le pourvoir sur Amaybamba dans la vallée de la Concencìon et y fit construire un palais, Huamán Marca.
Ce même document raconte que le souverain suivant Túpac Yupanqui, amena de nombreux travailleurs ou mitimaes pour peupler la partie basse de la vallée dans l'obligation de semer des plants de coca.
De plus, le manuscrit mentionne la présence d'un autre palais appelé Yanayacu, sur les hauteurs de Amaybamba. " Lorsque j'étais sur la zone, l'ancien fermier me conta l'existence de différentes ruines jusqu'à présent inconnues. "
Suite au renforcement de son pouvoir et sûr de ses domaines proches de la capitale, Pachacutec se lança à la conquête de terres plus éloignées. Ainsi il domina les Soras et Lucanas. Il amena des prisonniers à ses curacas et chefs de guerre pour fêter sa victoire. Face à son pouvoir croissant, d'autres seigneurs préféraient accepter les prières de la réciprocité et ne pas risquer de perdre leurs vies dans un combat.
Après s'être reposé un temps, l'Inca rassembla de nouveau ses armées et décida cette fois aller à l'encontre du Señor de Collao. Ainsi il s'affronta à Chuchi Cápac de Hatun Colla, qu'il vaincu après une lutte épuisante. Suite à cette victoire, les habitants de Cusco prirent possession des terres étendues de Chuchi Cápac comprenant les terrains de la jungle produisant les précieuses feuilles de coca et la terres côtières où s'obtenait le mais, aji et poisson salé. Ainsi fut le premier contact avec les groupes ethniques côtiers.

Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-conquet-de-pachacutec


1471 - 1493 : Tupac Yupanqui :


Fils de Pachacutec, Tupac Yupanqui est nommé héritier du trône vers l'âge de 15 ans. Durant le règne de son père, c'est un grand général qui, par ses conquêtes, permet à l'empire inca d'atteindre son maximum d'extension. Au nord, il soumet les Cañares pour étendre sa domination sur la presque totalité de l'actuel Équateur ; le royaume des Chimus tombe entre ses mains et, avec lui, toute la côte jusqu'à Lima ; au sud, malgré la résistance des guerriers Araucans, Túpac Yupanqui repousse les frontières de l'Empire jusqu'au río Maule, au cœur de l'actuel territoire chilien.
Au départ c'est son frère ainé Amaru aussi appelé par certain « Yamque » qui est désigné « dauphin » de leur père Pachacutec. Amaru va d'ailleurs co-régner avec son père pendant une période de 5 à 6 ans, avec déjà droit de faire construire son palais « Hatun kancha ». Amaru est un fils obéissant, sérieux qui s'efforce de satisfaire son père en tout. Mais, cet essai se révèlera infructeux, il ne satisfait pas pleinement Pachacutec, d'autant que des échos de succès et de talents innés lui arrivent des campagnes et missions confiées à son second fils Tupac.
Tupac Yupanqui est alors rappelé vers Q'osqo (Cusco) la capitale, jaugé sur place il lui est proposé de devenir l'héritier et de co-régner en attendant avec Pachacutec. Ce qu'il accepte.
Son frère lui laisse la place. Toutefois, il semble que même s'il n'a pas atteint le niveau qu'attendait son père, il ne tombe pas en disgrâce. Il garde une position importante dans l'État aux côtés de son père et de son frère. Il peut garder son palais et la formation de grand lignage facultés attribuées généralement à l'Inca régnant. Il passe en quelque sorte du statut d'Inca-co régnant à celui de vice-Inca de son frère.
Tupac fait construire alors son propre palais le « Pucamarka » ou « palais pourpre », dans le Hanan Q'soqo (Haut Cusco) et choisit pour « coya », épouse, sa soeur Mama Occllo aussi appelée Tucta Cuca dont il a notamment un fils qui lui succèdera à son tour sous le nom de Wayna Capac ou Huayna Capac.
En 1471, Tupac Yupanqui revient à Cuzco et monte sur le trône que son père vieillissant lui lègue.
Tupac se lance dans de grande campagnes terrestres et même maritimes et donne au territoire inca et sa plus fulgurante et sa plus grande extension.
L'étendue de l'empire, la géographie et la diversité des cultures rend fragile l'autorité de l'Inca. Des intrigues de cour pour le pouvoir, la course à la succession au sein de l'aristocratie Inca et de sa propre famille génère ainsi des complots contre l'empereur et Tupac Yupanqui meurt assassiné (probablement empoisonné) en 1493.
Pendant son règne, une prédiction, qui s'est étrangement réalisée, avait assuré que le XIIIe empereur des Incas serait le dernier. Le destin d'Atahualpa lui donna raison.
Tupac Yupanqui dote ses États d’une solide administration, d'un réseau routier très développé qui franchit des cols élevés, reliant les différentes provinces et permettant une rapide transmission des ordres du pouvoir central aux nombreux fonctionnaire locaux.
Épouses et descendance :
Avec Mama Occlo Qoya :
Mama Occlo Qoya est sa sœur, qu'il épouse en 1459 ou 1460, et qui meurt en 1496. Il aura avec elle
Amaru Tupaq, (né en 1460); probablement père de
Mama Chimpu Runtu Qoya, qui épouse son oncle Wayna Qapaq Inca
Titu Cusi Wallpa (Huayna Capac)
Qewar Tupaq, mort en 1527
Wallpa Tupaq, père de
Chumbicama Palla
Cusi Wallpa, né en 1519; baptisé Francisco Tupaq Inca Yupanqui
Chimpu Occlo (1520†1571) baptisée Palla Isabel Yupanqui ; maîtresse de Garcia de la Vega (1506†1559) dont elle eut Garcilaso Inca (1539 + 1616) et Leonor ; oo Juan de Pedroche
Titu Rimachi
Mayta Yupanqui
Mama Cusirimay Qoya, mariée en 1493 à son frère Huayna Capac
Mama Kuka; supérieure des mamakunas ; †1527
Avec Chuki Occlo :
Chuki Occlo est une concubine, exécutée en 1493. Il aura avec elle Qapaq Huari, également exécuté en 1493.
Avec Curi Occlo :
Curi Occlo est une concubine, exécutée en 1493.
De mères inconnues :
Sinchi Roqa
Tomay
Atoq

Conquêtes de l'Inca Tùpac Yupanqui :


Les armées Incas et la mita guerrière :
Au début de la domination inca, les armées se composées seulement lorsque les récoltes étaient gardées dans magasins. Les soldats marchaient accompagnés de leurs femmes, appelées rabonas par les Espagnols, qui s'occupaient de leurs hommes, leur alimentation et la guérison de leurs plaies.
Plus tard, l'expansion territoriale rendit impossible la conservation de ces pratiques traditionnelles. Des armées régulières furent crées à travers de la mita guerrière.
Ce système permettait la formation de troupes pour conquérir les régions éloignées telles que Charcas, Chili et Equateur. Les soldats s'absentaient pendant de nombreuses années et un grand nombre ne retournait jamais à leurs villages.
Túpac Yupanqui organisa ses armées en escadrons selon les origines et les armes portées, marchant avec un capitaine de la même ethnie. Ils portaient des gourdins, frondes et matraques. Les instruments de musique tels que tambours, trompettes de coquillages marins et flûtes ne manquaient pas. Les soldats étaient vêtus selon les coutumes de leurs villages et origines, avec huppes et plumes, patènes de cuivre, argent et or, selon leurs hiérarchies dans l'armée. Dans certaines régions, ils se maquillaient le visage. Au début des attaques, ils chantaient et ciraient pour semer l'épouvante chez les ennemis. Certains chroniqueurs racontent que les cris étaient si forts, que " les oiseaux du champ tombaient effrayés sur le sol. "
Au cours d'une des premières conquêtes du jeune Túpac Yupanqui, il se dirigea à Chincha. Peu de temps auparavant, le général Cápac Yupanqui avait réalisé une première incursion dans la zone en y obtenant la reconnaissance de la souveraineté cusqueña. Il y avait obtenu certains avantages tels que l'édification d'un accla huasi, avec son personnel de confection de tissu et boissons pour couvrir les nécessités de la prière et du culte, et la construction d'une maison pour l'administration inca, appelée Hatun Cancha.
L'arrivée de Túpac Yupanqui confirma les liens de réciprocité avec les chinchanos et l'Inca sollicita plus de terres de l'État. Les curacas locaux préférèrent accepter les termes de la réciprocité plutôt que de s'aventurer dans une guerre qu'ils perdraient probablement et ferait échouer leurs trocs. Cette méthode explique la rapide expansion inca. Généralement la seule présence des troupes cusqueñas suffisait à l'annexion de macro-ethnies au Empire Inca ou Tahuantinsuyo. Toutefois, bien que ce système favorisa la rapide croissance de l'Etat inca, il fut également un facteur déterminant sa fragilité - l'apparition des troupes de Pizarro fut suffisante pour éliminer le lien formé par la réciprocité entre les autorités ethniques et les souverains incas.

Conquête de Guarco :
Au 15ème siècle, le curaca de Guraco était connu pour être belliqueux.
Sa vallée était défendu par de nombreuses forteresses et une muraille rendant toute agression difficile.
Les armées incas avaient suivi la route des Andes le long du fleuve et avait obtenu facilement la reddition du domaine de Lunahuaná.
L'attitude de Guarco fut différente, ils résistèrent durant trois ou quatre ans.
Avec cette attaque, les premières stratégies incas furent facilement observables. Elles respectaient un schéma peu efficace, car les combats ne se produisaient qu'en hiver par crainte de la chaleur de l'été. Cette méthode permit au côtiers de consolider leurs positions.
Les chroniqueurs racontent que le chef des Guarco était une très belle femme, et son attitude coquette rendit la colla jalouse. Celle ci demanda à l'Inca de remettre la domination des rebelles en ses mains.
Le souverain accepta amusé. La colla envoya un message a la curaca, lui assurant qu'elle restera sur son poste et demandant l'autorisation de célébrer une grande fête en l'honneur de Mama Cocha, la mer.
Lorsque tout le village se cacha dans la mer, les soldats incas entrèrent en silence à Guarco, et s'emparèrent du domaine.

Túpac Yupanqui entre à Pachacamac :
Le jeune co-régent arriva avec ses troupes à Pachacamac. Il s'approcha du sanctuaire en tant que pèlerin après un long jeun. Il consulta l'oracle qui lui prédit triomphes et nombreuses conquêtes.
Malgré sa dévotion, le prince ordonna l'édification d'un temple dédié au Soleil, qu'il appela Punchao Cancha ou Enceinte du Jour, pour neutraliser l'influence du Dieu Pachacámac, Dieu de la Nuit et des Ténèbres. La taille du temple devait être supérieure à celle du vieux sanctuaire côtier, afin de démontrer la supériorité du Soleil. Les prêtres n'eurent autre solution que d'attaquer la volonté de l'Inca.

Expansion vers le Sud :
Après un certain temps, le jeune Inca décida de tenter sa chance dans la région de la jungle pour assurer son approvisionnement de coca. Il divisa ses hommes en trois armées, qui entrèrent difficilement dans la zone amazonienne suivant le plan de conquête (Sarmiento de Gamboa, ch. 49). Selon le chroniqueur, les habitants du Collasuyo profitèrent des rumeurs concernant Túpac Yupanqui mort pour la gloire et l'élévation.
Prévenu de la situation, Túpac sortit rapidement de la jungle pour affronter les collas. Après avoir étouffé les dérangements, il se trouvait à Chancas avec une armée lucide. Il se dirigea vers le Chili pour conquérir la région de sud. Après quelques années, Túpac retourna triomphant à Cusco. Son frêre Otorongo Achachi l'attendait à Paucartambo. Ce dernier avait été chargé d'apaiser la situation dans la région de la jungle et d'implanter l'organisation cusqueña. Ensemble ils firent une entrée victorieuse à Cusco.

Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-conquet-de-tupac-yupanqui


1493 - 1527 : Huayna Capac :

Huayna Capac est un empereur inca (règne 1493 - 1527), successeur de Tupac Yupanqui, père de Huascar, Atahualpa, Tupac Huallpa, Manco Inca Yupanqui et Paullu Inca.
Huayna Capac consacre son règne à étendre le Tahuantinsuyu, l'Empire inca. Pendant de nombreuses années, lui et ses armées se battent dans le nord de l'empire et envahissent l'actuel Équateur. Ils ne sont stoppés que vers l'est par leur défaite contre les Shuar à la lisière de l'Amazonie. La conquête les conduit jusqu'au sud de ce qui est aujourd'hui la Colombie. La capitale étant loin dans le sud à Cuzco, Huayna veut établir une base nordique dans la ville de Quito.
Vers 1527, Huayna Capac se trouve sur le territoire actuel de la Colombie, lorsqu'il meurt terrassé par les maladies (certainement la variole) apportées par les conquérants espagnols. Son héritier Ninan Cuyochi et des milliers de ses soldats le suivent dans la tombe.
Huascar est déjà en train de comploter contre Ninan lorsqu'il apprend sa mort. Il prend rapidement le pouvoir à Cuzco et fait arrêter Atahualpa. Mais Atahualpa s'échappe avec l'aide d'une petite fille et trouve de l'aide auprès du meilleur général de Huayna Capac qui se trouve être près de Quito. Une guerre civile s'ensuit, dont Atahualpa sort victorieux, mais à la même époque les conquistadors espagnols débarquent en Amérique du Sud.
Par duperie, les Espagnols capturent Atahualpa avant qu'il ne retourne à Cuzco. Une série d'erreurs de la part de ses généraux après sa capture mènent rapidement à la chute de l'empire.

Gouvernement de Huyana Capac :


Son mariage :
Suite aux faits racontés ci-dessus, on commença à préparer l'heureuse cérémonie d'avènement du jeune Huayna Cápac. Selon la tradition, le jour de l'attribution du pouvoir coincidait avec le mariage. Au cours des deux derniers règnes, les mariages se produisaient entre frères et soeurs, non nécessairement des mêmes parents.
La ñusta devenait colla, peu importe le nombre de femmes dont le prince disposait antérieurement. Le chroniqueur Santa cruz Pachucuti raconte cette cérémonie.
Cusco fut décoré avec soin, on couvrit les humbles toits de paille avec de belles couvertures de plumes multicolores provenant des oiseaux de la jungle. Sur les palais, les frises en or brillaient à la lueur de soleil contrastant avec la sévérité des pierres.
Les fiancés se trouvaient dans leur palais réciproque et jeuner sans manger de sel ni aji. Les prêtres procédaient à de nombreux sacrifices, et oscultaient les vicères des animaux pour voir le futur.
Le jour indiqué, Huayna Capac sortit de son palais, accompagné de son grand-père Pachacútec et des Apu Curacas, grands seigneurs du Collasuyo.
Pendant ce temps, la ñusta appelée Cusi Rimay sortit de la demeure de son père Túpac Yupanqui escortée par les grands seigneurs de Chinchasuyo, Cuntisuyo et Antisuyo. Nous ne connaissons pas la raison du privilège de la jeune femme conduite par les membres des trois suyo, alors que Huyna Cápac fut accompagné par un seul. Il est possible que le rang social de la demoiselle soit supérieur à celui de l'époux.
Huyna Cápac, une fois converti en unique seigneur, ne s'éloigna pas de la ville de Cusco sur le souhait de sa mère Colla Mama Occlo. Elle craignait une longue absence de son fils favori. Il envoya son oncle Huamán Achachi sur la longue route du Chinchaysuyo à l'extrème nord, alors qu'il parcourait les lieux proches à Cusco et au Collao.
L'Inca devait conserver ses acquisitions territoriales et continuer à élagir ses domaines. Cependant la coutume de réciprocité ayant facilité l'expansion de l'État, n'existait pas dans les régions périfériques du Empire Inca ou Tahuantinsuyo, tel qu'au Chili ou Equateur, régions éloignées des centres des anciennes cultures.
Les peulples comme les Chinchas se soumettait volontiers au règne inca de peur de perdre leurs échanges sur longue distance.
Lors de ses autres sorties de la capitale, Huayna Capac se dirigea vers le Sud, à Charcas, Cochabamba et Pocono, et continua vers Coquimbo et Copiapó. Selon Cieza de León, l'Inca resta douze lunes à calmer la région et y édifia des chemins et forteresses. Des nouvelles de rébellions à Quito, Pastos et Huancavilca interrompirent son séjour. Le souverain se vit dans l'obligation de retourner à Cusco et rassembler ses armées.
Chaque expédition de l'Inca demandait une préparation spéciale. Il fallait réunir la mita guerrière, convoquer les curacas pour leur demander des soldats, rassembler des vivres et armes, et effectuer des sacrifices humains pour flatter les dieux. Les repas publics ne pouvaient manquer, renforçant les liens de la réciprocité entre l'Inca, les chefs de macro-ethnies et les seigneurs du royaume.
Huyna Cápac se mit en marche avec ses chefs, seigneurs et troupes, groupe qui s'agrandissait en chemin. Les curacas de la région se rendaient aux lieux par lesquels passait le souverain, afin de lui démontrer leur support et lui rendre hommage.
Pendant son séjour à Cajamarca, Huayna Cápac se dirigea à Chachapoyas, où les chefs en rébellion s'étaient réfugiés dans une forteresse. Après avoir été vaincus, de nombreux Chachapoyas furent envoyés à Cusco en tant que mitimaes, encore présents pendant la vice-royauté.
Puis, l'Inca continua sa route vers Surampalli, en terre Cañar, sa terre natale. Il changea son nom pour Tumibamba, correspondant à sa ayllu réelle.

Expédition à Raura :
Huyna Cápac passa de nombreuses années au nord de ces états. Il préféra rester à Tumibamba, son lieu de naissance, plutôt qu'à Cusco. Dans la région à dominer les guerres contre les divers groupes ethniques étaient nombreuses.
Puis un message concernant de nouveau renforts arriva de Cusco. Le général Mihi était à la tête de l'armée, son haut rang lui permettait le port de la statue Huanacauri.
Huayna Cápac oubliant la tradition de la réciprocité ordonna l'entrée en lutte immédiate du général. Indigné et profondément blessé, le général retourna à Cusco. Huayna Capac fut prévenu de la conduite du général et lui fit envoyer de nombreux cadeaux, selon la coutume ancestrale. Mihi, satisfait, retourna avec ses armées, marcha en guerre et sortit vaiqueur.
Cet épisode illustre les différences entre la mentalité andine et européenne. En Europe, l'attitude de Mihi serait considérée comme une trahison, mais dans les Andes, l'Inca était en tort pour avoir oublier la réciprocité.
Après de nombreuses années, une information concernant le décés de nombreux proches de l'Inca arriva à Cusco. Huayna Cápac se dirigea à Quito pour préparer son retour à la capitale. Il tomba gravement malade, son corps était couvert de pustules. Au bord de la mort, il appela les prêtres pour désigner son héritier, Ninan Cuyuchi. Lorque les dignitaires arrivèrent au prince, ils le trouvèrent mort. Pendant ce temps, le prêtre du Soleil, appelé Cusi Topa Yupanqui réalisait la cérémonie de la calpa, pour connaitre la chance des désignés à travers le sacrifice d'un lama blanc.
Les augures furent défavorables pour Ninan Cuyuchi et Huáscar, l'autre prétendant au pouvoir. Face à l'incertitude de la situation, la colla Mama Raura, conseillée par le prêtre, partit à Cusco pour renforcer la nomination de son fils Huáscar. Les seigneurs décidirent de garder la mort de l'Inca secrète, pour éviter de possibles rébellions. Après avoir momifiè son corps, ils prirent le chemin du retour, en le faisant passer pour vivant.
La cour avançait lentement vers le Sud. Atahualpa qui était resté à Tumibamba, essaya de passer inaperçu face aux généraux qui controlaient le pays en vue de possibles dérangements indigènes.

Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-gouvernement-huayna-capac


1527 - 1532 : Huascar :


Inti Cusi Huallpa Huascar (en quechua : Waskhar, qui signifie Fils de la joie) (1503 – 1532) fut Sapa Inca (empereur) de l'empire inca de 1527 à 1532, succédant à son père Huayna Capac et à son frère Ninan Cuyochi, tous deux morts de la variole lors d'une campagne près de Quito. Huascar était souverain du Cuzco à l'arrivée des Espagnols au Pérou, en 1532.
L'un des fils de Huayna Capac et d'une princesse du Cuzco, il est désigné par la noblesse du Cuzco comme successeur légitime à la mort de son père, en 1525.
Cette décision est contestée par la noblesse de Quito, qui lui préfère son demi-frère Atahualpa. Il s'ensuit un partage du Tahuantinsuyu entre les deux clans. Au statu quo succède une guerre civile qui finit avec la prise du Cuzco par les quiténiens. Huascar est capturé et jeté en prison, son clan est massacré et poursuivi.
En 1532, alors qu'Atahualpa est séquestré par les Espagnols, ce dernier commande l'assassinat de son demi-frère pour s'assurer de sa victoire. Cet acte renforce les dissensions et la rancœur entre quiténiens et cuzquéniens, et facilite ainsi l'enracinement du pouvoir espagnol dans un pays divisé.

Gouvernement d'Huascar :


La Guerre des Sangs :
Cusi Topa Yupanqui était le dignitaire chargé d'executer les dernières volontés de Huyna Càpac et de conduire sa momie à Cusco. Il appartenait à la panaca de Pachacútec et était un proche de la mère d'Atahualpa.
Lors de l'arrivée du cortège funèbre à la capitale, les nobles chargés du voyage furent durement blamés par Huascar pour avoir laisser Atahualpa dans le nord. Il les accusa de conspiration. Leurs protestations et affirmation de leur innocence furent inutiles. Ils ne confessèrent rien, malgré la torture. Huascar ordonna leur condamnation, s'il leur pardonnait, ils resteraient pour toujours des ennemis dangereux. Les évenements deplurent aux seigneurs accompagnant Huayna Cápac, ils retournèrent à Quito sans attendre les cérémonies.
Pendant ce temps, Atahualpa se dirigea vers Tumibamba pour ordonner l'édification d'un palais pour Huascar. Cette attitude déplut au curaca de Tumibamba, appelé Ullco Colla.
Il envoya des messagers secrets à Huascar, pour se plaindre du projet en insinuant une tentative de rébellion d'Atahualpa. Afin d'attirer la sympathie de Huáscar, le prince envoya de nombreux présents à Cusco. Mais l'Inca en colère tua les messagers, et ordonna la construction de tambours avec leurs dépouilles.
Des envoyés de Huascar prirent le chemin à Quito en emportant vêtements féminins et maquillage pour Atahualpa. Ces épisodes furent la cause de la rupture entre les deux frères. Atahualpa ne pouvait retourner à Cusco tel que l'ordonnait Huáscar, car une mort certaine l'y attendait.
Selon le chroniqueur Cobo, les généraux de Huayna Cápac restés dans le Nord poussèrent Atahualpa à la rébellion. Leur situation à Cusco avec Huascar, ne serait pas aussi favorable à leur jugement que celle avec Atahualpa dans le Nord.
Dans ces circonstances, les partisans de Huáscar profitèrent d'un manque d'attention d'Atahualpa pour l'emprissoner et l'enfermer. Durant la nuit, Atahualpa reussit à faire un trou dans la paroi grace à une barre de cuivre et s'échappa en silence. La légende raconte que le Soleil, son père, le transforma en amaru (serpent) afin qu'il puisse d'évader.
Une fois libéré, Atahualpa se dirigea vers Quito, où il rassembla une armée pour marcher sur Tumibamba. Après sa victoire il infligea une dure punition aux partisants de son frère. En chemin vers la Côte, il arriva à Tumbes. Il tenta de dominer les habitants de l'Ile de Punà et s'embarca sur de nombreux radeaux. Les habitants de Puná se montrèrent résistants et s'embarquèrent dans une bataille navale qu'ils gagèrent. Atahualpa, blessé à la jambe, décida de retourner à terre, et continuer jusqu'à Quito. Le curaca de Punà attaqua Tumbes et dévasta le village. Pizzaro trouva Tumbes dans cet état lors de son troisième voyage. De plus, il trouva sur l'île une soixantaine de prisonniers de Tumbes appartenanant aux troupes d'Atahualpa.

Pendant que ce dernier commençait une rébellion ouverte contre son frère, Huáscar établissait son gouvernement dans la capitale. Il comptait avec le soutien de la noblesse et la classe dirigeante du Empire Inca ou Tahuantinsuyo. De caractère pusillanime, violent et cruel, il ne souciait pas de conserver son prestige.
Huascar ne portain pas l'attention habituelle aux ayllus réels, n'assistait pas au repas en public sur la place, où se renforçaient les liens de réciprocité et parenté.
Un autre motif de la colère de l'Inca était l'écartement des ayllus traditionnels de sa garde, pour les remplacer par des mitimaes chachapoyas et cañaris étrangers.
Puis Huáscar prononça son désir d'enterrer toutes les momies réelles, et d'enlever aux panacas leurs terres, richesses, serviteurs et femmes. Puis il prétendit passer au Camp de Hanan sur les terres basses de Cusco. Ces faits montrent montrent les extrèmes différences entre le souverain et la noblesse cusqueña qui avait été son plus grand soutien.
La situation d'Atahualpa est très distincte. La distance ne lui permettait pas de prendre part directement aux disputes de lignage. Les généraux de son père le soutenaient.
Le discrédit de Huáscar permittit aux membres les panacas de Hatun Ayllu, à laquelle appartenait Atahualpa, le maintien du pouvoir.

La guerre :
Petit à petit, les généraux de Huàscar se plièrent à la cause d'Atahualpa. Cette circonstance explique les échecs constants des armées de Huascar malgré leur grand nombre. Ainsi les généraux d'Atahualpa gagnèrent du terrain. Huascar fut forcé de prendre lui-même le commandement de ses troupes, comme les anciens souverains.
De son côté, Atahualpa marchait lentements vers le Sud, en laissant les commandes de guerre à ses généraux. A Huamachuco, il envoya deux émissaires pour consulter la célèbre huaca Catequil sur le déroulement de la guerre. L'oracle répondit qu'Atahualpa terminerait mal. Atahualpa furieux marcha jusqu'au lieu de l'oracle en brandissant son hallebarde en or. Un vieux prêtre vétu d'une large tunique blanche parsemée de coquillage sortit sur le lieu de rencontre. Sachant qui lui avait gaché le destin, Atahualpa le frappa fortement sur la tête, et lui rompit le cerveau.
Puis surgirent les nouvelles mentionnant l'apparition de personnes blanches, étranges et barbues, arrivant sur des maisons de bois flottant sur la mer.
Atahualpa ne se souciait pas de ces personnes qui arrivait pour la seconde fois sur ces domaines. A la première occasion ils partirent sans qu'il les ait vus. Par curisioté de voir des étrangers, Atahualpa ne prit pas les précautions recommandées par ses généraux, qui lui conseillèrent l'attaque en montagne. L'Inca offra aux étrangers des guides et aliments avec l'ordre de se diriger vers Cajamarca, où il se trouverait.
Pendant ce temps, les généraux d'Atahualpa continuaient à défier les troupes de Huáscar. Imprudemment, l'Inca se risqua dans une gorge étroite sans connaitre les positions ennemies. Les généraux expérimentés se rendirent comptre de l'imprudence, et enfermèrent Huáscar entre deux armées. Les troupes triomphantes d'Atahualpa avancèrent vers Cusco jusqu'à la montagne de Yavira.
Les panacas et lignages importants arrivèrent sur la montage et s'installèrent; d'un côté les Hanan Cusco et de l'autre, les Hurin Cusco. Ils se prosternèrent face au frère, ou nouveau souverain, pour lui rendre hommage et le reconnaitre comme Inca.
Après un temps un proche du nouvel Inca, appelé Cusi Yupanqui arriva à Cusco.
Selon les chroniqueurs, il avait l'ordre de tuer les parents proches de Huascar, ses femmes et ses fils, de brûler la momie de Túpac Yupanqui. Bruler une momie ou corps d'un ancètre était la plus grande punition possible. La vengeance contre Cápac Ayllu, auquel appartenait Huáscar, montre que l'affrontement entre les deux frères était une lutte entre panacas rivales.

Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-gouvernement-huascar



1532 - 1533 : Atahualpa :


Il naît à Cuzco le 20 mars 1497 et meurt le 25 juillet 1533 à Cajamarca, fils d'une princesse de l'ancien du Royaume de Quito et du Sapa Inca Huayna Capac. Lorsque son père décède, la succession au trône reste incertaine, le fils désigné par Huayna Capac ayant été emporté par une épidémie de Variole. Dans l'incertitude, Huascar dont la mère est une princesse de Cuzco est couronné. La noblesse du nord de l'empire étant hostile à cette décision décide de couronner Atahualpa comme Sapa Inca. Le prince règnera ainsi deux années sur les provinces du nord de l'empire où il est honoré et respecté comme souverain unique. Un statu quo se maintient jusqu'à ce que les généraux quiténiens arrivent à persuader le prince de monter sur le trône de Cuzco : l'empire ne doit pas rester divisé. Les généraux Quizquiz, Chalcuchimac et Rumiñahui sont à la tête des armées de Quito, les hostilités s'ouvrent ainsi. Après des mois de guerre civile, les armées de Huascar sont presque défaites. Atahualpa semble pouvoir devenir le 13e empereur inca du Tahuantinsuyu (l'empire inca), il est en route pour Cuzco lorsqu'il reçoit la nouvelle du débarquement des hommes blancs et barbus dans la baie de Tumbes. Le prince fait surveiller les étrangers et on rapporte déjà de nombreux abus de leur part.
Le 16 novembre 1532, après quelques pourparlers, Atahualpa est invité par le conquistador espagnol Francisco Pizarro, dans le village de Cajamarca au nord de l'actuel Pérou.
L'empereur Atahualpa se rend à proximité de Cajamarca entouré de sa cour et escorté de ses armées triomphantes, celles-ci sont suffisamment nombreuses pour encercler toute la ville et camper sur tous les flancs de la vallée. Pour convaincre Atahualpa de le rencontrer, Pizarro lui propose de l'aider dans la lutte qui l'oppose à son frère Huascar. Méfiant, Atahualpa accepte néanmoins et convient d'une entrevue à laquelle Indiens et Espagnols doivent se rendre sans armes.
N'ayant pas décelé le piège, l'Inca se rend en très grande pompe dans la ville de Cajamarca : il souhaite impressionner les étrangers. Dans sa litière d'or, portée par les plus nobles princes de l'empire, le "Fils du Soleil" est escorté par pas moins de 30 000 hommes et femmes de sa cour et de son armée. Un prêtre espagnol présente une bible au prince en lui demandant s'il accepte de suivre la"parole du Dieu unique". Atahualpa se saisit du livre et le porte à son oreille. Celui-ci s'exclame qu'il n'entend aucune parole et jette le livre à terre. Erreur fatale, pour les Espagnols, le sacrilège sera le prétexte qu'ils attendaient pour capturer le prince, ils donnent alors le signal de l'attaque.
Cachés dans les maisons de la ville, les Espagnols en armes se ruent sur les Indiens venus désarmés. Ayant attaché des grelots aux jambes de leurs chevaux et tirant en tout sens avec leurs fusils, ils créent une véritable panique chez les Indiens, ceux-ci tentent de s'enfuir de la place dont les issues sont trop petites, beaucoup sont déjà piétinés. Au milieu de la confusion, Atahualpa reste impassible sur sa litière, alors que ses porteurs sont massacrés, d'autres se précipitent pour le maintenir dans sa dignité de Sapa Inca. Les Espagnols finissent par se saisir de lui et le souverain inca est fait prisonnier. Mais cela ne semble pas suffire aux Espagnols qui, jusqu'à la nuit tombée, pourchassent les Indiens dans toute la vallée, laissant derrière eux plus de vingt mille cadavres dont une grande partie de la noblesse et de l'élite impériale venue en paix.
Voyant que les Espagnols portaient un intérêt spécial aux métaux précieux, le prince propose pour sa libération une fabuleuse rançon en or et en argent. Les Espagnols acceptent. Sur ordre du souverain, les sujets apportent de tout l'empire une quantité extraordinaire d'or et d'argent, les temples sont vidés (on parle alors de 12 tonnes d'or et d'argent).
Pendant sa détention, Atahualpa reçoit des nouvelles de ses armées : le prince de Cuzco, Huascar est fait prisonnier et est enfermé au Sacsahuaman, Atahualpa qui semble croire que les Espagnols vont le libérer, peu clément, ordonne de faire exécuter son rival.
Après versement de la rançon, les Espagnols, ayant pris la mesure de la puissance du prince en son royaume, commencent à penser que cet homme qui a tant de prestige et d'autorité sur son peuple finira tôt ou tard par reprendre le dessus sur eux. Les Espagnols les plus radicaux proposent d'exécuter le prince et de placer un empereur fantoche à sa place, lequel sera plus manipulable. Pizarro, à contre cœur, doit condamner Atahualpa qu'il a appris à estimer. Le prince est condamné à être brûlé sur un bûcher, les Espagnols qui l'estiment le supplient de se convertir auquel cas il sera garrotté et non brûlé, il accepte. L'exécution a lieu dans sa cellule le 29 août 1533.
L'empire inca est anéanti. Les Espagnols poursuivront leur plan en plaçant sur le trône Manco Inca aussi appelé Manco Capac II, qui par la suite mènera une grande rébellion.
Aux yeux de nombreux habitants des pays andins, le prince Atahualpa reste une figure historique très estimée en raison de l'aspect tragique de sa capture par les Espagnols.
Il est également souvent considéré comme le XIIIe et dernier empereur inca annoncé par la prophétie faite à l'époque de Tupac Yupanqui.
Par ailleurs la capture de l'empereur Atahualpa à Cajamarca fut l'objet d'un poème de Pablo Neruda : Las Agonías.


ROIS DE VILCABAMBA :


Entre 1533 et 1572 une partie des fils de Huayna Capac se révolte contre les Espagnols et se réfugie dans la région de Vilcabamba. Leur pouvoir restera localisé aux alentours de ce centre de résistance.


1533 - 1533 : Topa Hualpa :

Topa Hualpa' (Toparpa), fut un empereur fantoche des Conquistadors durant la conquête du Pérou. Il était le cadet d'Atahualpa et Huascar. Après la mort d'Atahualpa, les Espagnols forcèrent le peuple inca à reconnaître Toparpa comme nouvel empereur. Il fut le jouet des Espagnols qui se servirent de lui pour asseoir leur domination sur le pays.
Il mourut du choléra à Jauja en 1533.


1533 - 1545 : Manco Inca :

Manco Capac II, aussi appelé Manco Inca ou Manco II, est un fils de Huayna Capac et le demi-frère de Huascar et Atahualpa. Il appartient à la noblesse de Cuzco et fut donc du côté de Huascar pendant la guerre civile. C'est cette appartenance au clan cuzquénien qui pousse les Espagnols à choisir ce prince comme nouveau souverain du royaume après l'exécution d'Atahualpa. Manco Capac est couronné à Cuzco selon la coutume en présence des conquistadors et de la noblesse du royaume. Des temps apaisés semblent s'ouvrir même si les Espagnols entendent bien garder le contrôle du royaume.
Alors que Francisco Pizarro est occupé à fonder Lima et que Diego de Almagro est parti à la recherche d'un royaume riche à conquérir dans le sud du continent (1535-1536), les frères de Pizarro sont restés à Cuzco. Ces derniers humilient ouvertement le jeune Manco Capac et éveillent ainsi un sentiment de révolte au sein de la noblesse du Cuzco : où est allée la dignité du Sapa Inca ? De même, les déprédations quotidiennes des Espagnols ulcèrent la population.
À partir de 1536, Manco Capac, profitant de divisions entre les Espagnols et de leur petit nombre à Cuzco, organise secrètement la première rébellion contre les envahisseurs espagnols à travers tout le pays.
Manco rencontre un peuple d'insoumis les Anti. Les Anti acceuillent Manco et sa suite. Les Anti enseignent aux hommes de Manco à harceler les caravanes et les troupes des espagnoles en guettant les ennemis du haut des arbres, fondant sur l'ennemi et disparaissant dans la forêt. Les Anti sont alliés avec Gonzalo Pizarro 1
En peu de temps, Manco Capac, qui a quitté Cuzco sous un prétexte religieux, revient à la tête d'une armée parfaitement équipée dont on estime le nombre à environ trente mille guerriers. Il campe dans la ville fortifiée d' Ollantaytambo d'où il va diriger le célèbre siège du Cuzco. Lorsque les Espagnols aperçoivent les troupes de Manco Capac aux abords de Cuzco, c'est une surprise totale : ils n'avaient rien décelé des préparatifs. À leur tour, des groupes de guerriers en armes provenant de toutes les provinces se joignent à l'armée qui déjà encercle la ville. Plus de cinquante mille guerriers assiègent Cuzco. Ce siège sanglant, qui dura 8 mois, faillit aboutir à une victoire : les renforts envoyés de Lima sont écrasés par les tribus amérindiennes qui ont appris à connaître leurs ennemis. Les Espagnols traqués dans tout le pays sont poursuivis jusqu'à Lima. Mais l'armée amérindienne, épuisée par un manque de préparation, se voit obligé de rompre le siège de Cuzco et de se replier.
En souhaitant mettre fin aux hostilités, Manco Inca voulait en fait proposer une alliance à Francisco Pizarro pour récupérer le prestige et l'autorité perdue par le camp de l'Inca Huascar, mais en l'absence du conquistador, le pouvoir était détenu par son frère Hernando Pizarro qui avait succédé à son frère Juan Pizarro, tué justement lors du siège de la ville.
De fait, Manco Inca fut capturé et emprisonné pour actes de rébellion, mais il réussit à s'enfuir en achetant sa liberté, en offrant une statue d'or massif de taille réelle. En fuyant vers Vilcabamba pour y trouver refuge, il suivit la route de Chichero et traversa Ollantaytambo, où il fut rejoint par une troupe de cavaliers espagnols. Un violent combat s'engage, et Manco Inca écrase ses ennemis.
À Vilcabamba, Manco Inca rendit la liberté à ses troupes, puis se réfugia dans les profondeurs de la jungle pour continuer sa lutte et organiser la résistance quechua. Il rétablit les rites Incas et organise une nouvelle cour. Le règne des Inca se poursuit donc dans la province de Vilcabamba. Manco initie ainsi une résistance inca qui allait durer jusqu'en 1572 avec la capture et l'exécution de Tupac Amaru.
Après la fin de la guerre de résistance, la domination militaire des conquistadors espagnols s'amplifie au Pérou. Mais finalement, Manco Inca ne sera pas vaincu par les Espagnols : il est assassiné en 1545 par un conquistador, le fils de Diego de Almagro qui lui tendit un piège par trahison, en se faisant passer pour un ennemi des Espagnols qui cherchait refuge avec quelques partisans; accueilli par Manco Inca, ils attendirent la première opportunité pour en finir définitivement avec lui en l'assassinant.
Après sa mort, son fils Sayri Tupac lui succéda à Vilcabamba.

LA REBELLION DE MANCO INCA:

Manco Inca est un des personnages les plus admirés de l'histoire de Cusco. Son astuce et courage le rendirent inoubliable. Il fit irruption à l' encontre de Pizarro, et lui proposa une alliance pour récupérer le prestige et l'autorité perdue par le camp de l'Inca Huáscar. Il se rendit très vite compte qu'il ne disposait d'aucun pouvoir, car pendant l'absence de Francisco Pizarro, Cusco était passé à la main d'un nouveau gouverneur, son frère Hernando.
En cette situation d'absence de son allié, son attitude changea, il commença a s'opposer aux conquérants et fut emprisonné pour ses actes de rébellion. Malgré cela il réussi a se moquer d'eux en leur offrant une statue d'or massif de taille réelle s'ils le laissaient en liberté. Ainsi il s'enfuit jusqu'à Vilcabamba et organisa la résistance qui dura pendant presque 40 ans.
En 1536 Manco Inca ou Manco II initia une guerre frontale contre les envahisseurs espagnols, soulèvement qui se termina avec le célèbre siège ou Manco et ses partisans étaient très proches d'atteindre leur dernière victoire.
Après 8 mois de siège sanglant, il fut délogé par les espagnols et les nations alliées.
Sa retraite fut inévitable et Manco Inca dissolut la totalité de son armée, afin que les soldats puissent prendre soin de leur famille et dédier leur temps a l'agriculture. Ainsi Manco se retira jusqu'à Vilcabamba, en suivant la route de Chichero et traversant Ollantaytambo. En ce lieu il obtint une petite victoire sur les espagnols le suivant, ce qui lui permettra d'entrer dans les profondeurs de la jungle, et y établir son nouveau centre d'opérations.
La domination des espagnols était solide. Finalement, Manco Inca fut assassiné en 1545 par Diego de Almagro, protagoniste de la conquête. Il s'approcha du rebelle avec un petit groupe de partisans, et en se faisant passer pour un ennemi de Pizzaro, trouva refuge et bienvenue chez les Incas, jusqu'à l'opportunité d'en finir avec le leader du soulèvement.
Manco Inca ne parvint pas un transmettre l'esprit de lutte a son fils Savri Túpac.
Celui-ci, apparemment convaincu par un proche de Cusco, fidèle aux intérêts des conquérants se subordonna a la couronne d'Espagne. Il voyagea a Lima, et obtint certains privilèges et terres des districts actuels de Yucay, Urubamba, Maras et Chicheros. Apparemment satisfait, il se fit construire son palais en brique de pierres séchées a Yucay. Il mourut de manière étrange en 1560, peut être empoisonné par les quechuas résistant face aux envahisseurs.
Apres la mort de Sayri Túpac, son frere Titu Kusi Yupanqui prit la première place.
Le nouvel Inca, installé a Vilcabamba, reconnut les comités politiques et religieux de Cusco afin d'arriver a un accord avec l'autorité vice-royale. En 1568 il fut baptisé chrétien, mais mourut d'une étrange maladie pendant ces mêmes années.
Son jeune frère, Túpac Amaru, hérita du pourvoir. Jeune et inexpérimenté mais ennemi implacable des conquérants. Les Espagnols virent en lui un esprit rebelle, en opposition au caractère faible de son frère, et ordonnèrent sa capture. Une armée de presque 300 soldats fut envoyée, dirigée par Martin Hurtado de Arbieto et le capitaine Martin Garcia Oñaz de Loyola. Ils arrivèrent a Vicabamba a la recherche de l'Inca mais celui-ci s'était caché avec sa famille dans les profondeurs de la jungle.
Finalement le dernier inca fut capturé et emmené a Cusco avec ses partisans par Garcia Oñaz de Loyola (qui finalement se mariera avec Beatriz Coya, niece de Tupac Amaru et héritiaire du Marquis de Oropesa.) Après un bref jugement, il fut condamné a mort et décapité sur la place de la Grand Ville, Lima, le 24 septembre 1572, regardé par le vice-roi Toledo. Sa dépouille repose a l'église Santo Domingo. Ainsi fut assassiné le dernier inca de la réelle dynastie, emportant avec lui l'esprit guerrier de Manco Inca, qui débuta le rébellion 36 ans auparavant afin de récupérer la nation quechua.

Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-tahuantinsuyo-rebellion-manco.inca


1545 - 1560 : Sayri Tupac :

Sayri Túpac est un inca quechua, fils de Manco Inca, mais qui n'avait pas l'esprit de lutte de son père. Il succéda à ce dernier en 1545 après son assassinat suite à une trahison.
Convaincu par un de ses proches qui était fidèle aux intérêts des conquérants, il choisit de se subordonner à la couronne d'Espagne, lors d'un voyage à Lima. En contrepartie, il obtint certains privilèges et des terres s'étendant sur les districts actuels de Yucay, d'Urubamba, de Maras et de Chicheros.
Il se fit construire un palais en brique de pierres séchées à Yucay.
Il mourut en 1560, peut-être empoisonné par des quechuas qui résistaient encore aux conquistadors.
Après sa mort, son frère Titu Kusi Yupanqui lui succéda.


1560 - 1571 : Titu Kusi Yupanqui :

Titu Kusi Yupanqui, fut l'avant-dernier Inca quechua de la dynastie de Manco Inca.
Il monta sur le trône; en 1560, après la mort de son frère Sayri Tupac, peut être empoisonné par les quechuas résistants face aux envahisseurs conquistadors. Dès son installation à Vilcabamba, il reconnut les comités politiques et religieux de Cusco afin d'arriver à un accord avec l'autorité vice-royale espagnole. En 1568 il accepta d'être baptisé chrétien, mais mourut d'une étrange maladie en 1571.
Son jeune frère, Tupac Amaru lui succèda.


1571 - 1572 : Tupac Amaru :


Túpac Amaru (?-1572) fut le dernier vrai inca quechua de la dynastie de Manco Inca.
Il succéda à son frère Titu Kusi Yupanqui, mort d'une étrange maladie. Il est le fils de Manco Inca. Son nom signifie « serpent brillant » en quechua.
Bien que jeune et inexpérimenté, il fut un ennemi implacable des conquistadors. D'un esprit rebelle, en opposition au caractère faible de son frère, les espagnols décidèrent sa capture et envoyèrent une troupe de près de 300 soldats dirigés par Martin Hurtado de Arbieto et Martin Garcia Oñaz de Loyola. Ils arrivèrent à Vilcabamba, mais l'Inca s'était enfui dans la jungle avec sa famille. Ils le poursuivirent, et finalement le capturèrent avec ses partisans, et l'emmenèrent à Cuzco.
Après un rapide jugement, il fut condamné à mort et écartelé sur la grande place à Cuzco, le 24 septembre 1572. L'écartèlement n'ayant pas entraîné la mort, ses tortionnaires lui coupèrent la langue, la tête, les deux bras ainsi que ses jambes. Ses membres furent ensuite "exportés" dans quatre villes différentes du Pérou et le reste du corps fut brûlé. Une de ses dépouilles existe encore aujourd'hui dans l'église Santo Domingo de Lima.
Son épouse, ses enfants et ses partisans furent tués ; il s'en suivit l'extermination de sa postérité jusqu'au quatrième degré. Sa nièce, Beatriz Coya, héritière du Marquis de Oropesa, épousa Martin Garcia Oñaz de Loyola.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: LA CIVILISATION INCA

Message  Invité le Mar 10 Avr - 10:53

SOCIETE ET POLITIQUE :

ORGANISATION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE :


Le Sapa Inca, chef suprême de l'empire, est avant tout un guerrier, et c'est un rapport très personnel qui le lie aux chefs locaux des tribus conquises. Ces relations sont souvent à établir à nouveau lors de chaque succession, ce qui amène parfois des guerres de reconquêtes.
Ces liens ont une importance capitale dans la gestion des provinces côtières : au contraire des provinces andines, les Incas n'y créent en effet ni villes ni administration. Ces provinces en sont par ailleurs souvent déjà pourvue par héritage des civilisations précédentes. Les Incas se contentent de gouverner à distance en maintenant les élites locales.
Dans les Andes, par contre, les Incas créent de véritables capitales provinciales. Si les liens personnels entre les chefs locaux et le Sapa Inca restent important, une administration impériale est établie en parallèle. A la tête de ces provinces sont nommés des gouverneurs de provinces (tukriquq) représentant l'empereur localement. Ces gouverneurs sont entourés de fonctionnaires kipukamayoq qui procèdent au recensement de la population à l'aide des kipus. Le recensement revêt en effet un rôle particulièrement important dans un état où les seuls tributs versés le sont sous forme de corvées.

ORGANISATION SOCIALE :


CLASSES SOCIALES :

La hiérarchie dans l'empire inca reprend l'organisation traditionnelle des communautés andines. L'Inca est à la fois chef de son clan et souverain de tout l'empire. L'organisation communautaire est à la base de la structure de l'empire. Dans de nombreux cas, l'Inca conquérant veille à ne pas bousculer l'organisation traditionnelle des populations à assimiler et laisse en place les autorités traditionnelles et leur confie des instructeurs du clan inca pour les informer des lois de l'empire et les instruire dans la religion officielle. Ces autorités locales étaient donc encadrées et rendaient comptes à des supérieurs hiérarchiques qui tous étaient membres du clan Inca.
D'une manière générale, il existait trois classes : la classe laborieuse constituée des paysans et artisans, la classe de gouvernance locale et, au sommet, la classe dirigeante de souche inca qui tenait les rênes de l'empire. Cette classe dirigeante était organisée comme un clan ordinaire dont les membres étaient appelés aux plus hautes fonctions au sein de l'empire, qu'elles soient religieuses, militaires ou administratives.
Cette société était donc basée sur un système de castes et on ne pouvait que très difficilement et exceptionnellement changer de rang. Un individu de la classe laborieuse pouvait accéder à la classe dirigeante suite à un exploit militaire ou grâce à quelque autre mérite. Il arrivait, dans un but politique, que des dirigeants coopératifs de peuples vaincus obtiennent des postes à responsabilités, souvent celui de Kurakas.


STRUCTURE SOCIALE :


FAMILLE :

Le groupe social de base est formé par la famille constituée des parents et des enfants célibataires. L'homme travaille aux champs, et pratique éventuellement de l'artisanat, tandis que la femme s'occupe de la cuisine et de l'entretien de la maison. L'entraide entre familles est très fréquente, notamment au moment des récoltes. Les personnes invalides sont généralement soutenues par l'ensemble de la communauté.

AYLLU :

Les peuples des Andes sont repartis dans de nombreux villages situés sur des hauteurs. L'ensemble des familles, la plupart du temps liées par le sang, qui habite un village forme un ayllu. Un chef (kuraka) dirige l' ayllu répartit les travaux collectifs et les terres. L' aylu possède en effet des terres agricoles, distribuées par lots, ainsi que des pâturages, d'accès collectif.

CHEFFERIE :

Les ayllus sont organisés en chefferies, regroupant plusieurs ayllus sous la domination de l'un d'entre eux. Les ayllus dépendants doivent verser un tribut de corvées à l'ayllu dominant. En échange, ce dernier doit maintenir des réserves pour pallier les mauvaises récoltes et subvenir à l'entretien des pauvres.

Des chefferies forment à leur tour des groupes sous la domination de l'une d'entre elles. L'empire inca s'inscrit dans le même schéma, l'empereur étant le chef du groupe de chefferies constitutif de l'empire.


CONTROLE DE LA POPULATION :


INTEGRATION DES POPULATIONS CONQUISES :

Les conquêtes se faisaient soit pacifiquement, et alors les souverains conquis conservaient un certain pouvoir, soit par armes, et le peuple vaincu était en partie déplacé dans une région solidement acquises aux Incas qui lui étaient souvent totalement étrangères. Des peuples soumis de longue date à l'empire venaient alors repeupler leurs terres. Ces déplacements de population furent très importants, notamment sous Tupa Yupanki et Huana Kapac.


VIE QUOTIDIENNE :


ETAPE DE LA VIE :

La vie des Incas est rythmée par quatre étapes principales. La première s'effectue vers deux ans : on fête le passage du bébé au statut d'enfant en effectuant la cérémonie de la première coupe de cheveux, que l'on garde ensuite précieusement.

La seconde constitue le passage de l'enfance à l'âge adulte, vers 14 ou 15 ans. Pour les garçons, le rite de passage qui y est associé est appelé warachikuy, la "mise du pagne", et comporte un jeûne et une série d'épreuves physiques. A cette occasion, on leur perce les oreilles pour y insérer les boucles propres à l'ethnie inca, on leur remet un pagne et on leur donne un nouveau nom. Le rituel féminin, le k'ikuchikuy, "première menstruation", est plus simple et comportait également une phase de jeûne.

La troisième étape est celle du mariage, entre 20 et 25 ans pour les hommes et 16 à 20 ans pour les femmes. Le couple s'établit dans une nouvelle maison et bénéficie alors de tous les droits et devoirs. Parmi ces obligations se trouvent notamment celle de participer aux corvées collectives.

Enfin, lors de la mort, les défunts sont placés dans des tours funéraires ou des abris rocheux plus simples. Ils sont parés de leurs plus beaux atours et de leurs outils du quotidien afin d'assurer leur subsistance dans l'au-delà.


HABITAT :

Dans la plupart des cas, les Incas conservent les structures d'habitation des territoires conquis.

Dans les terres hautes, ils construisent des capitales provinciales, mais la plupart des habitants habitent des villages de quelques centaines d'habitants. Chaque foyer y possède une cour bordée d'un muret en pierre dans laquelle se trouve un ou plusieurs bâtiments circulaires de 3 à 6 m de diamètre. Parmi ces bâtiment, il peut y avoir une cuisine, des chambres, des entrepôts, ... Les murs sont de pierre non taillée ou d'adobe, et les toits de chaume.

Sur la côte, les maisons populaires sont en roseau et celles de l'aristocratie en pisé.

Le bois étant rare, tant dans la montagne que sur la côte, les Incas n'ont pas de mobilier. La vaisselle est posée à même le sol et on mange par terre.


ALIMENTATION :

Les paysans incas, comme leurs descendants péruviens actuels, prennent deux repas par jour (vers 8h et 16 ou 17h) et une légère collation vers midi. Il est la grande majorité du temps végétarien et composé de plantes et légumes bouillis dans une marmite. La viande, du lama ou de l'alpaca séché ou du cochon d'Inde rôti, est réservé aux jours de fêtes. Néanmoins, sur la côte, les poissons sont très consommés.

Le légume de base est la pomme de terre, qui peut être conservée pendant plus de cinq ans grâce à un processus de conservation complexe (qui comprend notamment l'exposition au gel et l'écrasement). Le maïs est également l'un des aliment de base, mais en plus grande quantité sur la côte que dans les Andes. Il est souvent utilisé pour produire de la bière légèrement alcolisée.

Enfin, ils mastiquent des feuilles de coca pour ses vertus médicinales et son effet « coupe-faim ».


VETEMENTS :

Les paysans incas portent tous des vêtements assez semblables. Il s'agit, pour les hommes, d'un pagne et d'une tunique sans manches auxquels on ajoute une cape lorsque les conditions climatique ou cérémonielles l'exigent.

Les femmes, elles, portent une robe et une cape. Leur robe est constituée d'un simple morceau de tissu rectangulaire, enroulée autour d'elles et maintenue par une ceinture et deux fibules circulaires au niveau des épaules. La cape est elle accrochée via une épingle ou un nœud sur le devant. Leur cheveux sont ceints d'un bandeau et elles portent généralement un voile léger pour s'abriter du soleil.

Les vêtements sont généralement noirs ou marrons dans les hautes terres où ils sont faits de laine, et blanc sur la côte où le coton est principalement utilisé. Ils sont la plupart du temps fait d'une seule pièce, et non pas composés de différents morceaux cousus entre eux.

Les vêtements étant assez comparables partout dans les Andes, les différences sociales s'expriment principalement au niveau de la qualité du tissu employé pour leur confection. Mais la coiffure masculine est également un autre moyen de différenciation : l'élite porte des cheveux très longs, alors que le peuple se rase court.

Les deux sexes portent aux pieds des sandales ou des mocassins. Ils arborent également des bijoux : les hommes portent notamment des ornements d'oreille cylindriques qui leurs déforment les lobes, d'où leur surnom d' orejones ("oreillards") que leurs donnent les Espagnols. Les femmes elles portent plutôt des colliers et des fibules.


JEUX ET DIVERTISSEMENTS :

Le quotidien des paysans incas ne comporte que peu de divertissements, hormis ceux liés au travail en commun et aux cérémonies –– ces deux dernier cas sont en effet des occasions de fêtes. Le travail en commun s'effectue en chantant et est généralement accompagné d'un bon repas et de bière de maïs. De grandes battues sont organisées par le Sapa Inca tous les quatre ans ; elles sont également l'occasion de festoyer et de consommer de la viande. Les cérémonies en l'honneur d'une divinité ou d'un haut personnage sont elles l'occasion de danser et de jouer de la musique.

Peu de jeux incas sont parvenus jusqu'à nous, mais la plupart des chroniqueurs rapportent l'existence d'un jeu de dé, la pichqa ("cinq" en quechua). Le dé pyramidal à six faces utilisé dans ce jeu servait aussi comme instrument de divinitation.


RELIGION :

La colonisation espagnole et l'évangélisation catholique ont rapidement fait décliner les religions des Incas. Si certaines formes subsistent aujourd'hui notamment sous forme d'animisme, la plupart des informations que l'on possède à ce propos sont issues de témoignages indirects, plus ou moins biaisés. On possède par ailleurs très peu d'informations sur le système religieux en-dehors des Andes, les populations ayant rapidement décliné avant même l'évangélisation.

En plus de la volonté d'imposer une religion d'état, l'héritage des civilisations précédentes et une longue histoire d'échanges et d'influence permettent aux populations andines une certaine unité religieuse. Certaines divinités sont ainsi communes à différents peuples, mais portent des noms différents.


CULTE ET ELEMENT DU DOGME :


CULTE DES ANCETRES :


Les ancêtres décédés occupent une place particulière dans les religions andines. Le fondateur d'un lignage est ainsi révéré, notamment pour avoir donné à son ayllu des terres. Ces fondateurs sont souvent semi-légendaires, ayant accompli des actes surnaturels et n'ayant pas de géniteurs humains. C'est ainsi le cas pour ceux de la tribu inca.

Les corps des défunts sont conservés, non pas embaumés mais laissés à se dessécher au vent sec des montagnes. Des offrandes leurs sont offertes et elles sont promenées lors des cérémonies.


CULTE DES HUACAS :


Si les Incas imposent le culte du Soleil, ils interdisent rarement l'exercice des croyances animistes préexistantes. Ainsi la plupart des peuples de l'empire, ainsi que les Incas eux-mêmes, accordent une grande importance à des fétiches (huacas). En Quechua, le terme huaca peut désigner tout ce qui sort de l'ordinaire ; par extension, il désigne tout ce qui est susceptible de faire l'objet d'un culte dans le contexte animiste. Les huacas peuvent ainsi être des objets naturels (comme une montagne ou un rocher) ou artificiels (comme un bâtiment) auxquels on prête une puissance surnaturelle.

Il existe des huacas partout sur le territoire inca, et on estime à plus de cinq cent leur nombre à Cuzco et ses environs. Ils reçoivent de nombreuses offrandes et on cherche à communiquer avec eux pour obtenir de l'aide ou des conseils.


CULTE DU SOLEIL ET DES ASTRES :


Dans les Andes, de nombreuses communautés se réclamaient originaires ou descendantes de tel lieu sacré, de telle étoile ou de tel animal. Les empereurs, descendants directs de Manco Capac, sont appelés Sapa Inca (littéralement "inca unique"; ou encore Intip churin: "fils du soleil", titre adopté par le neuvième empereur Pachacutec). Ils sont vénérés comme des demi-dieux fils du soleil (Inti ou Tahuantinsuyu en quechua). Pour leurs contemporains, les victoires militaires et la politique éclairée des souverains incas semblent confirmer cette origine merveilleuse. Les Incas imposent donc le culte du soleil comme culte officiel dans l'empire, mais l'idole solaire côtoie la myriade de divinités adorées dans l'empire. Il ne s'agit pas pour autant d'un culte monothéiste mais plutôt d'un animisme d'État.

Pour instituer le culte, les Incas bâtissent des temples dédiés principalement au soleil. Le plus célèbre de tous est le Coricancha (enclos d'or en quechua), le temple du Soleil de Cuzco.


ADORATION D'AUTRES DIVINTES :


Parallèlement au culte du soleil, les Incas reconnaissaient et adoraient plusieurs autres divinités. Le plus important d'entre-eux est Viracocha, un dieu agricole responsable notamment de l'aménagement du sol – les techniques d'irrigations revêtant une importance particulière pour les peuples andins. Le lien entre Viracocha et Inti, le soleil, n'est pas clairement établi. La subordination de l'un à l'autre est floue et dans certaines légendes ils semblent même interchangeables. Après Viracocha, les Incas révéraient également l'Éclair, Inti Illapa le dieu du ciel, du tonnerre et de la foudre.

L'Empire inca se composant d'une mosaïque de peuples qui n'ont pas forcément été détruits ou réduits en esclavage, certains cultes locaux ont pu perdurer sans pour autant que le peuple originaire de Cuzco ne les adopte. Le culte de Pachacamac en est un exemple : c'est un dieu de la côte centrale du Pérou dont les origines sont incertaines, mais dont le culte était en tout cas antérieur à celui de Viracocha. Le plus grand temple connu consacré à ce dieu s'appelle lui-même Pachacamac et remonte à l'époque de la culture Lima. Le culte serait probablement apparu entre l'an 300 et l'an 600. C'est cependant avec la culture Ishmay, civilisation locale qui se situait entre les fleuves Rimac et Lurin (1000-1450 après J.C.), que le site de Pachacamac connaît son apogée[réf. nécessaire].


DIVINATION :


La divination tenait une place prépondérante dans la civilisation inca. Avant chaque action d'importance, on faisait appel à celle-ci et rien d'important ne pouvait être entrepris sans avoir auparavant consulté les auspices. La divination était utilisée aussi bien pour pour prédire le déroulement des batailles que pour punir un crime.

Il existait plusieurs méthodes de divination : on pouvait observer des araignées se déplacer ou analyser la disposition que les feuilles de coca prennent sur une assiette plate. Des prophéties pouvaient être aussi faites à partir de l'étude des entrailles d'animaux sacrifiés, et notamment les poumons de lamas.


CLERGE :


PRETRES :


Les prêtres vivaient dans tous les temples et autres sanctuaires religieux importants. Ils remplissaient les fonctions de devins, sorciers, et médecins. Le titre de prêtre en chef à Cuzco était Villac Umu. Marié, il était souvent un proche parent de l'Inca et son autorité était en concurrence avec ce dernier.


FEMMES CHOISIES :


Les « femmes choisies », appelées aclla (« vestales » ou pour les Espagnols « vierges du Soleil »), forment une institution à part entière. Choisies dès leur plus jeune âge, elles suivent une éducation particulière. Elles peuvent ensuite être choisies par le Sapa Inca comme concubines, ou données à de hauts fonctionnaires, ou même sacrifiée. Elles préparent les aliments cérémoniels et confectionnent des vêtements portés par l'Inca et les prêtres.


RITES ET MANIFESTATIONS RELIGIEUSES :


OFFRANDES ET SACRIFICES :


Les sacrifices et offrandes étaient quotidiens, dédiés aux dieux ou aux huacuas.


SACRIFICES ANIMAUX :


À chaque occasion importante, on offrait un sacrifice. L'animal le plus utilisé était un lama, le choix des animaux sacrifiés étant soumis à des règles précises sur la couleur de la fourrure.


SACRIFICES HUMAINS :


Les sacrifices humains ne se faisaient que lors de périodes de grands troubles, lorsque l'Inca était malade ou mort, par exemple, ou lors de catastrophes naturelles. L'objectif était alors d'apaiser le ou les dieux.

Les personnes, hommes, femmes ou enfants offerts en sacrifice devaient être en bonne condition physique et de parfaite constitution. Avant le sacrifice, le sacrifié buvait de la chicha (un alcool) pour atténuer la perception de ses sens. Dans de nombreux cas, il était ensuite enterré vivant. Pour l'honorer, les prêtres conduisaient des cérémonies qui l'accompagnaient tandis que son esprit quittait la terre. Parmi les jeunes filles choisies dans chaque province pour être femmes choisies, une partie était destinée à être sacrifiée.

C'est ce type de rite qui fut par exemple utilisé pour calmer les dieux, lors d'une éruption volcanique à Arequipa il y a plus de 500 ans : une jeune fille de douze ou treize ans, surnommée Juanita par les archéologues l'ayant retrouvée, fut sacrifiée au sommet du volcan Ampato. Elle appartenait à la haute noblesse de Cuzco comme en témoigne la richesse de ses parures. Un cortège cérémonial partit de Cuzco pour rejoindre Arequipa dans le seul but de ce sacrifice. Préservés par la glace, la jeune fille et les objets qui l'accompagnaient furent retrouvés presque intacts en 1995 et reposent désormais au musée Santuarios Andinos d'Arequipa.

Le même genre de rites est attesté dans d'autres sociétés précolombiennes, mais ne peut être comparé aux sacrifices de masse aztèques.


FETES ET CEREMONIES RELIGIEUSES :


INTI RAYMI :


La principale fête de l'empire était l'Inti Raymi. Elle se déroulait le 21 juin, solstice d'hiver et jour le plus court dans l'hémisphère sud.


DECES DE L'INCA :


Pour escorter l'Inca dans son voyage dans l'autre monde, deux de ses femmes, un serviteur et un guerrier étaient sacrifiés le jour de sa mort. Prétendument volontaires, ils étaient choisis dès leur plus jeune âge.


SANCTUAIRES :


TEMPLES DU SOLEIL :


En signe d'allégeance ou de véritable vénération, les peuples soumis par les Incas bâtissent dans leurs provinces de nombreux lieux de culte au soleil. Certains sont encore visibles de nos jours et témoignent de l'extension géographique du culte. Au Pérou se trouvent ainsi le temple de Corichanca à Cuzco, le temple Vilcashuaman et celui de Huascarán. En Bolivie, un temple du Soleil avait aussi été érigé sur l'Isla del Sol du lac Titicaca. À Caranqui, Équateur, se trouve un temple qui autrefois contenait des jarres pleines d'or et d'argent.


CORICANCHA :


Le temple du Soleil de Cuzco, Coricancha, était le principal temple de l'empire. S'il était d'abord dédié au soleil, il servait aussi de lieu de culte à d'autres entités divines comme Mama Quilla, la Lune, et Illapa, divinité de la foudre, de l'éclair et du tonnerre.

Véritable saint des saints de l'empire, ce temple n'a pas subsisté aux ravages de la conquête. Il n'en reste aujourd'hui que quelques descriptions ainsi que quelques murs témoins de la splendeur de l'ouvrage. Il fut construit avec des pierres de taille s'ajustant parfaitement les unes dans les autres, sans ciment. Sa circonférence faisait plus de 365 mètres. À l'intérieur du temple trônait, entre autres trésors, un disque d'or représentant le Soleil ainsi qu'une représentation du panthéon Inca. Il s'y trouvait également un jardin sacré où tous les éléments de la nature étaient représentés sous la forme de statuettes entièrement en or, métal symbolique du soleil.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: LA CIVILISATION INCA

Message  Invité le Mar 10 Avr - 10:54

ACTIVITES ECONOMIQUES :


POLITIQUE ECONOMIE IMPERIALE :


L'économie est fondée sur la gestion de la main-d'œuvre, sur l'échange d'énergie humaine, sur une sorte de collectivité du travail et nullement sur des échanges de biens ou sur une possession collective des biens. La richesse était liée non pas à la possession des biens mais à l'accès à la main-d'œuvre pour la production de la communauté. Le pauvre étant celui qui possède peu de liens de parenté.

Au sommet de l'organisation économique se trouve l'Inca qui se repose sur les organisations ethniques et leur économie de redistribution mais en gérant un système de redistribution à un niveau supérieur.


LES CORVES ET MOBILISATION DE LA MAIN D'OEUVRE :


Le kuraka, le chef de l' ayllu, était chargé de la répartition des terres, qui se faisait sur un modèle de parts, entre chaque membre du village apte à travailler.

Les travaux agricoles étaient divisés en trois temps :

- la part de l'Inca et de la famille royale;
- celle de chaque détenteur de lopin de terre, pour subvenir aux besoins de sa famille;
- celle qui appartenait au village, afin de subvenir aux besoins des plus démunis. Un système d'entraide entre les familles était très développé. En plus des terres collectives, il existait des réserves qui permettaient de pallier le manque en cas de famine, ou quand venait une délégation de l'Inca.
Un autre devoir de chaque membre de la communauté consistait à s'occuper des travaux collectifs (comme l'entretien des canaux d'irrigation). Ce système connaissait cependant des faiblesses : les kurakas abusaient parfois du système, s'enrichissaient et constituaient une nouvelle classe dont les privilèges étaient transmis par héritage.


RECIPROCITE ET REDISTRIBUTION :


Il y avait une redistribution au niveau local autour du groupe ethnique mais aussi une redistribution bien plus vaste, au niveau de l'empire. L'Inca s'en chargeait à partir des réserves. Pour opérer ce travail, on faisait appel à des mitas (transporteurs). L'empire organisait donc aussi la mita.

La répartition des terres ethniques semblait liée à la redistribution, puisque chaque année, elle faisait l'objet d'un pacte ou d'une négociation. Grâce aux principes de la redistribution et de l'échange d'énergie humaine, les Incas purent entreprendre de nombreuses constructions, créer des greniers supplémentaires, un réseau de routes, des centres administratifs ...


AGRICULTURE :


À cette époque, l'agriculture était essentiellement une agriculture de montagne. La pomme de terre « inventée » au Pérou et de nombreux autres tubercules étaient les aliments de base. Ces végétaux sont sensibles et, les récoltes ne pouvant être garanties, des techniques de conservation étaient développées pour faire face à d'éventuelles années difficiles. Le quinoa, une graine (et non une céréale), est plus facile à cultiver, il pousse jusqu'à 4 000 m d'altitude. Une autre culture était répandue : celle du maïs. Bien que très apprécié, les conditions particulières pour sa culture limitaient sa production et le maïs se trouvait souvent réservé aux offrandes ou réservé pour les fêtes. Pour développer cette culture, de nombreuses terrasses (les fameuses andenes) furent construites dont certaines perdurent jusqu'à nos jours. Les Incas installèrent des réseaux d'irrigation comprenant canaux et aqueducs.

D'autres plantes étaient cultivées selon les régions : tomates, arachides, haricots, piments, ananas, cacao, etc. ainsi que la coca, très importante pour le peuple inca puisqu'elle était utilisée dans toutes les cérémonies. En ce qui concerne l'élevage, viande et laine provenaient essentiellement des lamas et alpagas.


ARCHITECTURE ET SCULPTURE :


Les Incas étaient d'excellents architectes. Leurs constructions sont imposantes et ingénieuses, souvent orientées à des fins utilitaires. Le nombre de bâtiments et autres constructions réalisés est vraiment élevé. La forme trapézoïdale souvent donnée aux portes et fenêtres des temples permet à l'édifice de résister beaucoup mieux aux tremblements de terre, très fréquents dans ces régions. En s'installant à Cuzco, les espagnols ont d'ailleurs repris comme fondation de leur bâtiments les restes des temples incas. Lors des nombreux séismes, les constructions ou fondations incas tenaient généralement mieux que les constructions espagnoles.


Mur inca à CuzcoLes Incas utilisaient divers styles architecturaux, mais le plus connu est sans conteste celui utilisé par exemple pour le temple du Soleil de Cuzco ainsi que beaucoup d'autres bâtiments d'importance : le matériau principal était la pierre mais ils n'utilisaient pas de mortier pour les joindre entre elles. De grandes pierres polygonales étaient alors utilisées, s'emboîtant parfaitement les unes dans les autres sans laisser le moindre espace vide. On peut voir encore de nos jours de nombreux exemples de cet art architectural, parmi lesquels Sacsayhuamán la forteresse de Cuzco, ou encore les impressionnantes ruines d'Ollantaytambo.


SCIENCES :


AGRONOMIE ET HYDROLOGIE :


En matière d'agronomie et d'hydrologie, les Incas avaient mis en place un système de canalisations assez complexe, dont on peut voir aujourd'hui une excellente manifestation à Ollantaytambo. Ils ont aussi hérité de très bons systèmes d'irrigation, légués par des cultures antérieures telles que les Nazca ou les Moches dans les parties littorales désertiques du territoire. Mais en matière agricole, c'est dans la façon d'exploiter les sols et de maîtriser un territoire apparemment inhospitalier que les Incas se sont illustrés : presque partout dans les parties andines, c'est-à-dire la majorité de leur territoire, les Incas ont développé des aqueducs, des canaux à étages longs de dizaines de km et des cultures en terrasse (les andenes), facilitant donc les récoltes et toutes les tâches agricoles. Une grande partie de ces cultures existe encore aujourd'hui et est toujours utilisée par les paysans et agriculteurs, les plus fameuses se situant dans la vallée sacrée des Incas ou près d'Arequipa. On suppose même que les Incas possédaient un véritable laboratoire agronomique, sur les terrasses de Moray : il s'agit de terrasses situées près de Cuzco, disposées en cercles concentriques, le centre du cercle étant le niveau le plus bas des terrasses. Les scientifiques modernes se rendirent compte que chaque niveau avait une température différente. Ceci aurait permis aux Incas d'étudier l'acclimatation des céréales, tubercules et autres plantes servant à leur alimentation. Ils purent faire des croisements et des améliorations de certaines familles.


MEDECINE :


Les connaissances incas étaient également remarquables en médecine, étant dans certains domaines en avance par rapport aux connaissances européennes. L'utilisation de nombreuses plantes leur permettait de guérir de nombreuses maladies et de soulager diverses souffrances, comme par exemple la quinine pour traiter la malaria. Ils avaient une très bonne connaissance des plantes et de leurs bénéfices. Les Incas pratiquaient également la chirurgie, notamment les trépanations crâniennes (on a retrouvé dans des nécropoles des incas, un ou plusieurs crânes trépanés); ils utilisaient la coca comme anesthésiant.


ASTRONOMIE :


Les Incas étaient capables de voir les solstices ou équinoxes et leur calendrier à la fois lunaire et solaire leur permettait de gérer les cycles agricoles.


LINGUISTIQUE :


L'empire inca regroupait de nombreux peuples différents et jusqu'à plus de 700 langues différentes furent parlées sur son territoire; les Incas auraient cependant imposé le quechua comme langue officielle.


ECRITURE :


Alors que l'empire inca était très structuré et bureaucratisé, l'écriture n'y a apparemment pas existé.

En revanche, un système de quipus a été mis en place. Les quipus sont des messages codés sous la forme de nœuds de différentes sortes sur des fils de laine, coton ou autre matériau et de différentes couleurs. Ces quipus servaient aux statistiques de l'État : recensement très précis (nombre d'habitants par âge et par sexe), nombre d'animaux, état des stocks, tributs payés et dus des différents peuples, enregistrement de l'ensemble des entrées et sorties de marchandises des entrepôts de l'État, etc... Seuls les administrateurs connaissaient la clé des quipus : c'étaient les quipucamayocs.

Il semblerait que les quipus aient aussi servi à notifier les grandes dates de l'Histoire et à consigner certains récits ou secrets religieux mais ceux-ci restent indéchiffrables de nos jours contrairement à certains quipus de statistiques.

Les récentes découvertes de Ruth Shady (en) sur le site de Caral ont démontré que les quipus étaient connus par les civilisations précolombiennes il y a près de 4 500 ans.



Source : Wikipédia



Planification du nouveau Cuzco :


Le vieux Cusco se dépeuple :


Depuis les premières années de son gouvernement, Pachacútec se souciait de la reconstruction de Cusco. Le chroniqueur Sarmiento de Gamboa raconte que l'Inca se promenait dans la ville en regardant attentivement son entourage.

Selon ses désirs il décida de dépeupler Cusco de ses habitants en élaborant un nouveau schéma de répartition de solaires et terrains aux personnes auxquelles il permettait de vivre dans sa capitale.

Ficelle en main, l'Inca mesura les rues et terrains à la grande satisfaction des panacas, lignages réels, et des anciens ayllus, gardiens du souverain.

Avant cela, Cusco était un trou rustique souvent inondé par ses deux petits fleuves, le Huatanay et le Tulumayo.

La reconstruction débuta par la canalisation des cours d'eau afin d'éviter les marécages durant la saison des pluies, et favoriser l'approvisionnement en eau. Betanzos raconte le processus de réparation de Cusco. Pachacútec convoqua les principaux curacas et les autorités andines à la capitale. Suite aux fêtes habituelles, ils décidèrent l'envoi de 10 seigneurs avec pour mission d'aller aux villages à la recherche de vivres et carrières adéquates.

Tous les problèmes une fois résolus, les hommes envoyèrent des travailleurs à Cusco. La fonction de certains était le transport de lourdes pierres pour les ciments, d'autres emmenaient de la boue mélangée à de la paille ou de la laine pour produire de l'adobe, d'autres rassemblaient du bois d'aulne. L'architecte Gasparini suppose la venue des tailleurs de pierre du Collao, héritage des anciens Tiahuanacotas.

Les activités religieuses et sociales se déroulaient sur les places incas très amples, de forme trapézoïdale. Les rites de remerciements s'effectuaient sur la place de Aucypata, où les ayllu et lignages réels se réunissaient pour manger, boire et danser lors des cérémonies du calendrier inca.

Sur cette même place se célébrait le triomphe des armées incas, fête consistant à répartir le butin amassé sur les prisonniers sur le sol. Le souverain se promenait sur tout ceci en signe de soumission à ses ennemis et pouvoir sur ses nouvelles acquisitions territoriales.


Le Coricancha


Pachacutec mis tous ses efforts dans la reconstruction du sanctuaire de l'Inti Cancha ou Enceinte du Soleil, très pauvre avant cela. Les parois furent polies avec des pierres taillées et les ornements un gaspillage d'or. Les premiers espagnols qui virent ce sanctuaire racontent qu'il y trouvèrent un jardin aux plantes, fleurs, oiseaux et insectes faits de métaux précieux.

Les pièces principales du sanctuaire étaient dédiées l'une au Soleil, les autres à la Lune, au Tonnerre et l'Arc-en-ciel, toutes reliées au jardin en or. Certains rapports disent que le Soleil était représenté sur une paroi par une planche ovoïde en or, alors que Garcilaso mentionne un visage.

Les momies des anciens souverains étaient conservées dans le temple et emmenées sur la place pour les grandes cérémonies. Les dépouilles des collas ou reines appuyées sur les flancs de la callanca se trouvaient dans l'enceinte de la Lune. Selon la mère de Huyna Cápac, Mama Occlo regardait l'astre nocturne de face.
Changements religieux

La majorité des chroniqueurs mentionnent des changements religieux suite à la guerre contre les chancas. Il paraîtrait que les principaux prêtres soutenaient la fuite de l'Inca Viracocha, prêts à se soumettre aux ennemis.

La situation devint désagréable pour les prêtres suite au triomphe de Cusi Yupanqui, le futur Pachacútec. Le jeune prince avait besoin d'un père pour le nommer nouveau souverain. Face au refus de Viracocha de mettre les pieds sur les dépouilles des prisonniers, Cusi Yupanqui se dirigea vers le temple de l'Inti Cancha et demanda directement au Soleil son consentement. Dès lors, les souverains se considéraient Fils du Soleil.

Le changement religieux se produisit ainsi. Avant cela seul comptait le culte au Dieu Viracocha disposant d'un temple sur l'état inca, maintenant l'influence du Dieu Soleil était la plus puissante.

Ces nouveaux faits n'affectèrent pas la vénération des huacas multiples, apus ou idoles existantes. Pachacutec souhaitait que les principales huacas restent à Cusco, en leur conférant serviteurs, terres et biens. Ainsi il contrôlait les possibles rebelles, qui ne soulevaient jamais de peur de représailles exercées sur les idoles.



Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-planification-nouveau-cusco



La rébellion de Manco Inca


Manco Inca est un des personnages les plus admirés de l'histoire de Cusco. Son astuce et courage le rendirent inoubliable. Il fit irruption à l' encontre de Pizarro, et lui proposa une alliance pour récupérer le prestige et l'autorité perdue par le camp de l'Inca Huáscar. Il se rendit très vite compte qu'il ne disposait d'aucun pouvoir, car pendant l'absence de Francisco Pizarro, Cusco était passé à la main d'un nouveau gouverneur, son frère Hernando.

En cette situation d'absence de son allié, son attitude changea, il commença a s'opposer aux conquérants et fut emprisonné pour ses actes de rébellion. Malgré cela il réussi a se moquer d'eux en leur offrant une statue d'or massif de taille réelle s'ils le laissaient en liberté. Ainsi il s'enfuit jusqu'à Vilcabamba et organisa la résistance qui dura pendant presque 40 ans.

En 1536 Manco Inca ou Manco II initia une guerre frontale contre les envahisseurs espagnols, soulèvement qui se termina avec le célèbre siège ou Manco et ses partisans étaient très proches d'atteindre leur dernière victoire.

Après 8 mois de siège sanglant, il fut délogé par les espagnols et les nations alliées.

Sa retraite fut inévitable et Manco Inca dissolut la totalité de son armée, afin que les soldats puissent prendre soin de leur famille et dédier leur temps a l'agriculture. Ainsi Manco se retira jusqu'à Vilcabamba, en suivant la route de Chichero et traversant Ollantaytambo. En ce lieu il obtint une petite victoire sur les espagnols le suivant, ce qui lui permettra d'entrer dans les profondeurs de la jungle, et y établir son nouveau centre d'opérations.

La domination des espagnols était solide. Finalement, Manco Inca fut assassiné en 1545 par Diego de Almagro, protagoniste de la conquête. Il s'approcha du rebelle avec un petit groupe de partisans, et en se faisant passer pour un ennemi de Pizzaro, trouva refuge et bienvenue chez les Incas, jusqu'à l'opportunité d'en finir avec le leader du soulèvement.

Manco Inca ne parvint pas un transmettre l'esprit de lutte a son fils Savri Túpac.

Celui-ci, apparemment convaincu par un proche de Cusco, fidèle aux intérêts des conquérants se subordonna a la couronne d'Espagne. Il voyagea a Lima, et obtint certains privilèges et terres des districts actuels de Yucay, Urubamba, Maras et Chicheros. Apparemment satisfait, il se fit construire son palais en brique de pierres séchées a Yucay. Il mourut de manière étrange en 1560, peut être empoisonné par les quechuas résistant face aux envahisseurs.

Apres la mort de Sayri Túpac, son frere Titu Kusi Yupanqui prit la première place.

Le nouvel Inca, installé a Vilcabamba, reconnut les comités politiques et religieux de Cusco afin d'arriver a un accord avec l'autorité vice-royale. En 1568 il fut baptisé chrétien, mais mourut d'une étrange maladie pendant ces mêmes années.

Son jeune frère, Túpac Amaru, hérita du pourvoir. Jeune et inexpérimenté mais ennemi implacable des conquérants. Les Espagnols virent en lui un esprit rebelle, en opposition au caractère faible de son frère, et ordonnèrent sa capture. Une armée de presque 300 soldats fut envoyée, dirigée par Martin Hurtado de Arbieto et le capitaine Martin Garcia Oñaz de Loyola. Ils arrivèrent a Vicabamba a la recherche de l'Inca mais celui-ci s'était caché avec sa famille dans les profondeurs de la jungle.

Finalement le dernier inca fut capturé et emmené a Cusco avec ses partisans par Garcia Oñaz de Loyola (qui finalement se mariera avec Beatriz Coya, niece de Tupac Amaru et héritiaire du Marquis de Oropesa.) Après un bref jugement, il fut condamné a mort et décapité sur la place de la Grand Ville, Lima, le 24 septembre 1572, regardé par le vice-roi Toledo. Sa dépouille repose a l'église Santo Domingo. Ainsi fut assassiné le dernier inca de la réelle dynastie, emportant avec lui l'esprit guerrier de Manco Inca, qui débuta le rébellion 36 ans auparavant afin de récupérer la nation quechua.



Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-tahuantinsuyo-rebellion-manco.inca



La grande rébellion :


LE SIÈCLE XVIII :


Malgré le fait que Cusco n'était plus la capitale, elle ne perdit sa condition de centre névralgique des Andes. Justement la Vallée Sacrée des Inca donna lieu a la plus grande rébellion contre le pouvoir espagnol en fin de siècles.

Le mouvement dirigé par Tupac Amaru II atteignit de nouvelles dimensions: la couronne espagnole fut obligé a restructurer sa politique en relation a la vice-royauté du Pérou, et considérer le fait qu'elle puisse perdre un jours ses territoires américains.
LA GRANDE RÈBELLION

Aucune rébellion dans les colonies américaines n'a été si menaçante pour les intérêts espagnols que celle-ci. Malgré qu'il s'agissait d'un fait annoncé, les autorités coloniales furent surprises, négligence contribuant a ce que le mouvement prenne de telles dimensions.

Túpac Amaru II, baptisé José Gabrile Condorcanqui, leader du mouvement, fut cacique de Pampamarca, Surimana et Tungasuca en plus de commerçant prospère.

Les réformes bourboniennes affectèrent directement ses intérêts et ceux des caciques du Sud. Grâce au soutien de nombreux métisses et créoles, José Gabriel de Condorcanqui se souleva. Mais aux yeux de la population indigène son soulèvement fut légitimé pour être descendant direct des Incas. Recherchant a ratifier cette légitimité, il prit le nom de Tupac Amaru II, restituant ainsi la dynastie de Vilcabamba.

En novembre 1780, Túpac Amaru ordenna la capture du premier officier de justice de Tinta - symbole de l'abus du conquérant - et le fit pendre sur la place de Tungasuca.

Cette action marqua le début de la liberté de l'oppresseur et forma le premier groupe d'hommes inculqués d'un nouvel esprit de lutte contre la couronne espagnole en Amérique.

Ils affrontaient les troupes espagnoles, gagnèrent a Sangarará et prennent Lampa et Azángaro, parmi d'autres villages.

La torche de liberté était allumée. La rébellion s'étendit rapidement jusqu'à Moquegua, Arequipa, Tacna et Arice, en compromettant quasiment tout le sud andin, qui approvisionnait Potosi de mitayos (travailleurs dans les mines d'or et d'argent).

Justement, la plus grande réclamation de Túpac Amaru était l'abolition de la mita ou travail forcé.

Quatre mois après les succès de Tinta, et des victoires successives, les rebelles prirent siège de La Paz, alors que Tupac Amaru fut emprisonné a Tinta et mourut rapidement.

Puis vient l'un des faits les plus cruels de l'histoire du Pérou: le général rebelle fut exécuté publiquement comme pour éteindre la flamme de la liberté. Il souffrit de terribles tortures sur la place de Cusco. Ses extrémités furent attachées par des cordes á quatre chevaux, qui tentèrent de dépecer en 4 le corps du dernier Inca.

Suite a l'échec de la tentative, Jose Gabriel Condorcanqui fut décapité. Mais avant de mourir, il dut assister aux tortures et morts de son épouse Micaela Bastidas et de ses fils.



Source : enjoy-machu-picchu.org/machu-picchu-fr/histoire-machu-picchu-histoire-tahuantinsuyo-siecle-xviii




NOTES SUPPLEMENTAIRES :



La vallée d'Urubamba était considérée comme sacrée. Machu Picchu devait être un lieu de pèlerinage, un sanctuaire, et le Chemin de l'Inca représentait la route parcourue par les gens pour y accéder. Les fenêtres des maisons sont orientées par rapport à la course du soleil. Pendant l'Inti Raymi un triangle et deux cercles concentriques apparaissent sur l'Intihuatana. Tout semble être édifié par rapport au dieu principal, Inti, le Soleil. Les animaux ont un rôle important dans la mythologie, et spécialement le serpent ( monde terrestre) , le puma ( monde des hommes ) et le condor ( monde supérieur ), animaux qui se voient aisément autour de la Cité. Le Huayna Picchu a la forme d'un puma prêt à bondir. Ceux qui ont construit les petites terrasses sur son sommet se sont arrangés pour donner l'illusion du pelage hérissé du félin. Le puma semble garder la Cité. Machu Picchu ne fut pas construite au hasard. Ses architectes ont planifiés la cité en fonction des éléments naturels qui l'entourent.Un autre élément remarquable dans sa construction, c'est cette présence du Caïman. Les Incas devaient penser que cet animal était le plus ancien au monde, une créature qui a toujours existé sur Pachamama ( la terre ). Quand on regarde bien la Cité, on distingue très nettement cette forme de saurien. Le secteur réservé à la religion a été édifié sous l'apparence d'un puma, dont la tête est formée par les terrasses qui entourent l'Intihuatana, lieu où les Incas faisaient leurs observations astronomiques. Le temple aux trois fenêtres est la partie postérieure du Puma. Ce temple est consacré à Viracocha, le père de Manco Capac ( Je parle ici du Dieu, à ne pas confondre avec Viracocha Inca, le roi ). Les autres parties du corps sont formées par les autres temples et les maisons des prêtres.Selon un certain angle de vue, on s'aperçoit que ceux qui ont dessiné Machu Picchu ont voulu lui donner la forme d'un condor majestueux volant au dessus de la montagne. Cet oiseau est un symbole très important parmi les habitants de la Cordillère des Andes ( Machu Pichiu signifie " vieil oiseau " en Quechua ).Je pense que ça pourrait être l'origine mystérieuse de ce vieux nom donné à la Cité perdue des Incas, le Condor qui vole sur la Vallée Sacrée, apportant la vérité, traversant l'espace et le temps à la rencontre d'Inti.

A noter également que l'Empire Inca a pour vrai nom Tahuantinsuyu, qui signifie Empire des 4 directions. Les Incas n'ont absolument rien crée, ils ont amélioré les techniques de leurs prédécesseurs, tout simplement. Les murs Incas sont conçus pour résister aux tremblements de terre les plus puissants. Les pierres, taillées de manière spécifiques, se déplacent puis se replacent lentement d'elles mêmes. Idem pour l'eau en cas d'inondations ou de pluies diluviennes. L'eau peut passer entre les pierres sans faire tomber les murs. Ils se déplacent un peu puis reprennent leur forme initiale avec le temps. Cet art est également remarquable dans les autres cités ( Sacsahuaman par exemple ).

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: LA CIVILISATION INCA

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum